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Les postmodernes contre l’avenir

mardi 19 mars 2024 par Pierre Lenormant (ANC)

Remettre sur le chantier, point par point, le texte d’août 2023 (Reprendre l’offensive idéologique : renouer avec l’héritage des Lumières, combattre la postmodernité) [1] plusieurs fois déjà réécrit, était au dessus de mes forces. Quelques lectures postérieures me conduisent cependant à y joindre plusieurs éléments réunis sous le titre ci-dessus, qui éclairent, complètent ou corrigent mon propos,. Ils sont signalés dans le texte initial, rappelé en pièce jointe, par quatre renvois entre crochets [A], [B], [C] et [D].

Je voudrais auparavant répondre à une remarque générale qui m’a été faite : pourquoi avoir limité mon propos à la critique de la seule idéologie néo-libérale (dans sa forme postmoderne) au détriment d’une critique globale du capitalisme ? Je renvoie ces lecteurs critiques à Rémi Castay et Tibor Sarcey, qui dans ‘Tout leur reprendre’ (Delga 2023) ont bien mieux que je n’aurais pu le faire livré une analyse très actuelle du capitalisme tardif qui est le nôtre, et montré la nécessité d’une riposte globale, dont la bataille idéologique est une dimension indispensable.
Suivent ci-dessous les compléments annoncés.

[A]

Je commencerai par un détour improbable : le titre étant alléchant, je me suis donné la peine de lire l’ouvrage de Zineb Fahsi : ‘le yoga, nouvel esprit du capitalisme’ (Textuel, 2023). Cette professeur de yoga y insiste sur le caractère global, omniprésent de l’emprise de l’idéologie néo-libérale, plaçant l’individu au centre de tout, sous le mot d’ordre du développement personnel.
Avec toutes ses déclinaisons et ses avatars, le développement personnel est devenu une des injonctions essentielles de l’individualisme postmoderne.

Partant d’une étude très documentée des différentes époques et doctrines qui ont marqué le yoga comme discipline, Zineb Fahsi analyse les inflexions et dérives qu’elle a subi jusqu’à être intégrée à la culture néolibérale, élément avec d’autres composantes du ‘marché du bien être’ et de ‘l’industrie du bonheur’ (,..) nouvelle aliénation’ parfaitement inscrite dans la recherche du profit : culte du corps et vogue du fitness, injonction à la biomorale qui fait du bien-être une obligation morale, recours aux gourous et aux ‘coaches’ d’ accompagnement personnel, en lien avec les idéologies New Age la contre-culture de la Silicon Valley.

Zineb Fahsi décrit ainsi l’usage fait de l’actuelle version, d’origine états-unienne, du yoga ‘postural’, aujourd’hui dominant et enseigné dans les hôpitaux, les écoles, les entreprises : « répondre de façon commode aux injonctions contemporaines de la réalisation de soi : cultiver une pensée positive, libérer son « moi », mieux gérer ses émotions, son sommeil, être plus efficace, plus concentré, plus résilient (…)
Le yoga semble être la méthode miraculeuse pour résoudre les problèmes et réaliser les aspirations des individus modernes assujettis au néolibéralisme. L’auteur débusque le non-dit politique véhiculé par ces discours. En valorisant le travail sur soi, au détriment du changement social, ils font porter aux individus la responsabilité de composer avec les exigences du capitalisme, neutralisant toute remise en question du système lui-même ». (quatrième de couverture).
Zineb Farsi propose en conclusion un autre esprit du yoga, nourri de cette critique radicale, plus émancipateur.

[B]

Je sais gré à Véra Nikolski (‘Féminicène’, Fayard, 2023) d’avoir lu Simone de Beauvoir avec la rigueur nécessaire pour nous sortir de l’étiquetage sommaire tiré - abusivement - de ce fragment de phrase extrait de la première page du tome 2 du ‘Deuxième Sexe’ : « on ne naît pas femme, on le devient ».

L’idée de Beauvoir est en fait bien plus nuancée, plus ‘dialectique’ que ce à quoi zélateurs et détracteurs ont cru pouvoir la réduire. Vera Nikolski n’en est que plus assurée dans sa critique du féminisme de troisième vague auquel nous sommes confrontés. Rappelant ‘la place de la biologie et de l’avantage comparatif donné aux hommes’, elle ne néglige pas pour autant les dimensions sociales et idéologiques de l’inégalité entre les sexes.

Dans une approche matérialiste de la condition féminine, elle montre comment les progrès dans les conditions d’existence des femmes et les besoins du capitalisme industriel ont conjointement permis les diverses étapes successives de l’émancipation des femmes dans nos sociétés développées : le travail, le droit de vote, la contraception et le droit à l’avortement, ouvrant à la possibilité d’une libération sexuelle, préludes à une véritable égalité entre hommes et femmes, qui reste à accomplir.

S’appuyant aussi bien sur des citations de Marx et Engels que sur les analyses récentes d’Emmanuel Todd, elle met en question ce ‘nouveau féminisme’ d’essence petite bourgeoise mais porté par l’hégémonie idéologique du moment, un féminisme ‘victimaire’, ‘de la doléance’, allant jusqu’au ‘féminisme du ressentiment’ anti-masculin, que Beauvoir déjà dénonçait en son temps.

Loin d’être antiféministe, Vera Nikolski appelle à un ‘hyperféminisme’, indispensable pour affronter les crises à venir : « Dans le monde des féministes contemporains, la biologie comme la nature n’existent pas. Mais elles se remettraient à exister puissamment si les conditions matérielles qui nous en coupent étaient abolies ou même ébranlées... » (p. 182).

[C]

Il m’a été reproché la manière sommaire de traiter la place de Michel Foucault dans la genèse et l’analyse de l’idéologie postmoderne. A partir de ses réflexions sur le pouvoir, j’aurais pu en effet relever sa description prémonitoire (dès les années 70) de la ‘société de surveillance’, et de « la nouvelle forme de pouvoir politique s’exerçant non plus sur les territoires mais sur les populations, sur le vivant, et qu’il nomme ‘biopolitique ».

Selon Wikipedia, il s’agit de « passer d’un pouvoir lacunaire, global, à un pouvoir continu, atomique et individualisant : que chacun, que chaque individu en lui-même, dans son corps, dans ses gestes, puisse être contrôlé, à la place des contrôles globaux et de masse » et d’un « mécanisme de pouvoir tel qu’ en même temps qu’il contrôle les choses et les personnes jusqu’au moindre détail, il s’exerce (c’est moi PL qui souligne) dans le sens du processus économique lui-même ».

Les auteurs consultés ne s’y sont pas trompé.
Zineb Fahsi elle-même souligne, citant Foucault, cette « généralisation de la forme ‘entreprise’ : (…) il s’agit de démultiplier le modèle économique, le modèle offre-et-demande, le modèle investissement-coût-profit, pour en faire un modèle des rapports sociaux, un modèle de l’existence même, une forme de rapports de l’individu à lui-même, au temps, à son entourage, à l’avenir, au groupe, à la famille... »

Ce sont là des traits caractéristiques de la postmodernité, de « l’essence du néolibéralisme » que Bourdieu, puis Laval et Dardot ont clairement désignés, et que Zineb Fahsi (p.118-119) rattache aux propos de Margaret Thatcher, qui en 1981 niait l’existence de toute société, (there is no such thing that society). N’existeraient plus alors que des individus : « l’économie est la méthode, l’objet est de changer les âmes ». (Economics are the method, the object is to change the soul).

Au terme d’une interprétation très balancée des divers écrits du philosophe, Stéphanie Roza (p.175) rappelle ce qu’écrivait Michel Foucault dès 1966 : « A tous ceux qui veulent encore parler de l’homme, de son règne et de sa libération, on ne peut qu’opposer un rire philosophique ».
Ainsi se trouve décrédibilisé tout projet émancipateur. Ce qui sur le plan politique se traduit par des sentences définitives, comme celle de 1977, relevée entre autres par Jean-Claude Michéa : « tout ce que la tradition socialiste a produit dans l’histoire est à condamner ».

Stéphanie Roza note également comment la CIA a pu, dans un document de travail de 1985 récemment déclassifié, tirer parti du foucaldisme, pensée profondément anti-marxiste, pour pénétrer les milieux intellectuels français. « Ainsi dépourvue de toute projet de société, la résistance au pouvoir ne peut prendre que des formes sporadiques, non coordonnées, qui au mieux regroupent les volontés autour du rejet de telle ou telle institution, de telle ou telle pratique » (p. 61-64)

[D]

Postmodernes sans le savoir ?
Divers ouvrages récents offrent au lecteur de vigoureuses et nécessaires critiques de la société contemporaine, que l’on peut souvent partager, parfois même avec gourmandise. Le problème est qu’elles ne débouchent sur aucun projet véritablement émancipateur.

Je prendrai trois exemples.

Dans leur ouvrage ‘Contre l’alternumérisme’, Julia Laïnae et Nicolas Alep multiplient les critiques très affûtées, et dénoncent avec beaucoup de lucidité la main-mise des oligarques californiens et leurs suivants sur la digitalisation du monde. On y renvoie volontiers. Mais on ne peut manquer d’être frappé par l’absence de toute proposition constructive.
Renvoyant à Ivan Illich, ils appellent en conclusion à tout jeter : « Il n’y a pas de numérisation heureuse. (…) Refusons la numérisation, la ‘réduction’ numérique. Brisons nos chaînes, ces câbles et ces ondes qui atrophient les relations humaines, la Terre, le vivant. Déconnectons-nous, ensemble. Décâblons le monde ».

Mais y croient-ils vraiment ?
Nous faudrait-il, nouveaux luddistes, casser les machines ?
Ils n’évoquent à aucun moment la possibilité de nous réapproprier les instruments, les systèmes et les entreprises du numérique, par leur socialisation, ou la création de services publics libérés du profit et gérés démocratiquement. Aveu implicite d’impuissance, qui s’inscrit dans les impasses postmodernes, ignorantes de la problématique de la propriété.

Avec ‘Les dépossédés’ (Flammarion, 2022) le père de « la France périphérique » Christophe Guilly met au centre de ses réflexions les ‘classes populaires’ dont il loue ‘l’instinct de survie, seule réponse à la promesse du chaos’. Ignorés par ceux d’en haut, « ils subissent un éloignement géographique, social, politique et culturel. Ils sont la majorité ».
On ne peut que le suivre quand il évoque « des gens ordinaires qui luttent pour retrouver leur place et leur dignité » (p. 165), et quand il écrit qu’il leur faut sortir du « modèle économique et sociétal qui leur est imposé (…) par le bloc élitaire pour qui le rôle social des classes populaires ne serait plus que de consommer ».

Mais ce modèle condamné n’est jamais identifié comme capitaliste, j’ai recherché en vain ce mot dans son livre. Cette vision ‘classiste’ qui insiste sur les dominations et discriminations, mais ignore l’exploitation, rappelle les travers ordinaires de l’intersectionnalité. Guilly n’en accuse pas moins le wokisme de vouloir imposer « l’idée d’une société en tranches, en panels, (…) d’un peuple nouveau sans attache ni histoire » (p. 113). Il poursuit :« ces catégories populaires ne partagent pas une conscience de classes ». (...) « Cette majorité ordinaire n’est pas ‘contre’ (…) mais ‘ailleurs’ » (p.159 - 162).

On ne sera donc pas surpris que Guilly appelle en conclusion, « contre les utopies (...) à un retour au pragmatisme ». « Les petites villes, les villes moyennes et les campagnes offrent les conditions d’un développement endogène et durable, car tous ces territoires disposent d’une force inestimable, la ressource humaine ».
On relèvera le recours au vocabulaire technocratique. « Ce retour à la (res)source humaine n’est pas seulement la condition du développement des territoires, il marque aussi un coup d’arrêt au processus de dépossession. »

Vraiment ?

Sous ce bon titre,‘Extension du domaine du capital (Albin Michel, 2023) Jean-Claude Michéa définit le capitalisme comme ‘fait social total’. On peut y trouver bien des remarques lucides : dénonciation vigoureuse du troisième âge du féminisme ‘mon corps, mon choix, mon droit’ (...) importé des riches campus américains’, et de ses avatars comme l’écriture inclusive ; critique de la conception bourgeoise et libérale de l’être humain comme « individu replié sur lui-même, sur son intérêt privé et sur son caprice privé », phrase que l’auteur a tirée de ‘la question juive’ de Marx.
Il affirme donc, au contraire, la nécessité de revenir à « la question sociale ».

Car pour avoir été élevé dans la tradition ouvrière et communiste, Michéa a quelques beaux restes. Il s’insurge contre le « renoncement par la gauche de toute critique radicale et surtout cohérente de la dynamique d’ensemble du capitalisme pour recentrer l’essentiel de leur énergie militante sur les seules questions dites ‘sociétales’ (...) Ainsi se trouve exclue ‘toute remise en question du mode de production capitaliste’ (p. 41).
On devrait donc trouver avec lui au moins des convergences.

Dans ‘la gauche contre les lumières’, Stéphanie Roza consacre un long chapitre à un ouvrage précédent de Michéa, le complexe d’Orphée’ : elle y fait une critique serrée de son « rejet en bloc de l’idéologie du progrès, qu’il assimile à la foi libérale dans l‘expansion indéfinie et inéluctable du marché ». En soutenant dès le début du XXème le projet politique progressiste républicain, le mouvement ouvrier aurait perdu son âme et son autonomie.
Pour Stéphanie Roza, Michéa retrouve là cette « sensibilité libertaire conservatrice (proudhonienne) considérant toute insertion dans le jeu politique institutionnel comme compromettante, et contraire à la nécessité de l’auto-organisation ouvrière, syndical et mutualiste, à bonne distance des partis et du pouvoir ».
On est bien loin de la ‘double besogne’ de la Charte d’Amiens, et a fortiori du socialisme.

Dans ‘extension du domaine du capital’, son dernier ouvrage, Michéa semble vouloir renouer avec quelques points forts de l’analyse de classe. Mais son obsession anti-stalinienne, nourrie de l’adhésion sans nuances à l’approche ‘anti-totalitaire’ d’Orwell, le conduit à jeter l’enfant avec l’eau sale du bain.
Il en résulte une vision de l’avenir réduite à la fuite dans la ruralité et les traditions locales. Dans un esprit voisin, et dans l’attente de ’l’inévitable effondrement’ l’ancien ministre écologiste Yves Cochet s’est réfugié dans sa campagne rennaise.
Michéa écrit désormais depuis le village des Landes où, fuyant la métropole montpelliéraine, il s’est installé en 2017.
Quel gâchis !

Tous postmodernes ?
On ne saurait réduire l’analyse de ces auteurs à ce seul qualificatif. Mais ils sont comme imprégnés par les divers courants de cette mouvance, secrétant l’impuissance et le renoncement On trouvera là une raison supplémentaire de renvoyer le lecteur à l’ouvrage et au projet social et politique émancipateur, clairement désigné comme socialiste, que Castay et Sarcey développent dans ‘Tout leur reprendre’ (100 pages, Delga 2023).


[1Reprendre l’offensive idéologique : renouer avec les idéaux des Lumières, combattre la postmodernité.

Pour perpétuer son pouvoir et s’opposer aux revendications populaires, la bourgeoisie dispose de plusieurs armes : législations réactionnaires et liberticides, répression patronale et policière, recours aux formes autoritaires de pouvoir et si besoin est à la violence fasciste. Mais dans tous les cas, elle sait opposer aux aspirations émancipatrices des peuples et aux conquêtes du mouvement ouvrier un combat idéologique de tous les instants. Il s’agit pour l’essentiel de gagner les esprits à renoncer aux luttes et accepter la dictature du capital et ses projets régressifs. On peut d’ailleurs faire l’hypothèse que les difficultés actuelles du mouvement social à obtenir des succès tiennent au recul des idées émancipatrices et révolutionnaires.
La pensée bourgeoise occidentale a d’abord recours à l’inusable levier de la promotion de l’individualisme, agrémenté de nouveaux atours, apparus dans le dernier demi-siècle. Cet individualisme exacerbé reste l’élément central d’un nouvel état d’esprit, d’un nouveau courant de pensée, commodément appelé ‘postmoderne’. Le Larousse en donne la définition suivante : « concept utilisé par certains sociologues pour caractériser l’état actuel de la civilisation occidentale, dans la mesure où elle aurait perdu la confiance dans les valeurs de la modernité (progrès, émancipation) qui ont prévalu depuis le XVIIIème siècle » (1).

Cette nouvelle phase de l’idéologie bourgeoise prend en effet pour cible les valeurs de la modernité portées par les ‘Lumières’, ensemble d’idées novatrices qui, du 17ème siècle de Descartes au 18ème siècle de Voltaire, Diderot, Rousseau et quelques autres, préparèrent la grande Révolution Française, et ont marqué depuis plus de deux siècles une pensée d’abord européenne et occidentale, mais ouverte au monde et tournée vers l’avenir. Portée par tous les conservatismes, la critique des ‘Lumières’ est ancienne. Elle emprunte aujourd’hui de nouvelles voies, présentées cette fois comme issues de la gauche et de l’extrême gauche (2), typiques de cette mouvance postmoderne. La lutte contre cette offensive idéologique réactionnaire s’en trouve ainsi compliquée mais plus que jamais indispensable.

Je voudrais ici soumettre à la réflexion collective une rapide analyse critique de ce courant postmoderne, dirigé - explicitement ou non - contre l’héritage émancipateur des Lumières. Quatre points seront présentés successivement, brièvement développés pour appeler remarques, critiques et suggestions de qui voudra bien apporter sa pierre pour construire ensemble, contre l’étouffoir postmoderne, la contre-offensive nécessaire.

1. J’essaierai d’abord de montrer comment le premier pilier des Lumières, l’affirmation des droits et libertés de la personne humaine, a pu d’un côté apporter un principe essentiel dans l’histoire humaine, et avoir été de l’autre, manipulé, retourné, perverti par l’idéologie bourgeoise.

Au coeur de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la proclamation des droits et libertés de la personne humaine marque le début de l’histoire contemporaine : elle signifiait la libération de l’Ancien régime, la fin de la société divisée en ordres, de l’économie organisée en corporations et de la royauté de droit divin. Son retentissement fut immense, pour aboutir à la Déclaration Universelle de 1947, qui à son tour place l’individu au centre d’un ensemble de droits et de libertés.

Il y a plus d’un siècle, le père fondateur de la sociologie française Emile Durkheim distinguait cependant l’individualisme des Lumières, « républicain et humaniste où tout individu humain est lié à des notions morales, doté d’une raison individuelle qui le relie à un ensemble social », et l’individualisme corrélatif au capitalisme, « valorisé par les libéraux, à savoir l’égoïsme utilitaire, l’apothéose du bien-être privé, le culte égoïste du moi. Chaque citoyen n’est alors plus relié aux autres par des propriétés morales mais par un individualisme concurrentiel : chacun cherche son intérêt particulier ».

- Pour l’individu producteur, et l’ensemble des travailleurs, les luttes ouvrières ont su proposer et imposer des droits collectifs, susceptibles d’assurer l’émancipation de chacun. Les derniers siècles ont été jalonnés par ces conquêtes sociales, inlassablement remises en cause par la logique capitaliste de l’exploitation, tendant à laisser l’individu isolé, démuni, jusqu’à la tentative contemporaine de liquidation du salariat organisé au profit de l’auto-entrepreneuriat et du télé-travail.
- A l’inverse, et comme par compensation, ce qu’on a pu appeler un ‘capitalisme de la séduction’ a conduit à l’exaltation, à la glorification du ‘moi’ alimentant un individualisme envahissant. Pour répondre aux désirs de chacun, de nouveaux comportements, de nouvelles pratiques de consommation affectent désormais tous les domaines de la vie quotidienne, jusqu’à la vision de l’avenir.

Ce double paradoxe montre bien la place contradictoire que la société et l’idéologie bourgeoises assignent à l’individu en ce début du XXIème siècle. La numérisation générale a permis d’atteindre un degré jamais vu dans les raffinements de l’individua-lisation, dans l’éparpillement des aspirations et des consommations : vogue des chantres et du business du développement personnel [A], multiplication d’anciens et nouveaux problèmes de santé appelant une panoplie sans précédent de traitements et thérapies, développement et diversification des modes alimentaires, avec leurs adeptes et leurs tribus : d’innombrables campagnes, revendications et actions publiques minoritaires passent ainsi au premier plan de l’actualité médiatique avec un double effet de diversion et de division, brisant de l’intérieur les nécessaires combats collectifs émancipateurs. Ce trait permanent de l’idéologie bourgeoise, ainsi étendu et mis au goût du jour pour mieux atteindre chacun d’entre nous reste un élément central de l’esprit postmoderne.

2. La modernité reçue en héritage des Lumières accorde une place centrale à l’universalisme, ‘conception selon laquelle les idées et les valeurs sont indépendantes du temps et du lieu’ (le Larousse). Ce second pilier de la modernité repose sur l’idée d’une unité fondamentale, ni divine, ni animale, de l’espèce humaine, fondatrice des ‘droits de l’homme’. L’universalisme, qui s’oppose au différentialisme et à l’identitarisme, a toujours été contesté. Dans la dernière période sa remise en cause a emprunté de nouvelles voies, avec le développement d’identités particulières et d’appartenances personnelles multiples, parmi lesquelles la race et le sexe occupent une place démesurée.

La question de la race, que l’on croyait réglée, refait surface au travers d’un nouveau ‘racialisme’ sous une forme légitimée par les études ‘post-coloniales’ et leurs dérives ‘décoloniales’, qui accordent une place exorbitante aux ‘différences visibles’ et à la couleur de peau, dénoncent le ‘privilège blanc’ et valorisent les appartenances ethniques.
Mises en avant par la théorie du genre [B], les questions touchant à la sexualité se sont multipliées : dénonciations légitimes du viol, de l’inceste et des agressions sexistes, liberté de choix de multiples orientations sexuelles, mais aussi mise en avant de questions plus controversées comme les changements de sexe et une approche malthusienne de la reproduction humaine.
Ainsi se trouvent relégués à l’arrière plan, ignorés ou niés, les rapports sociaux et les luttes de classe. Partie des campus universitaires états-uniens, la dénonciation des discriminations de toute nature, et en premier lieu celles de sexe et de race, a gagné l’Europe occidentale et de nombreuses autres parties du monde. Cette nouvelle approche pénètre désormais profondément l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, les médias, le monde politique. Ce mouvement est souvent présenté, pour le dénigrer comme pour l’encenser, comme relevant du ‘wokisme’ terme désignant à l’origine ceux qui se déclarent ‘éveillés’. Cet avatar américain de la post-modernité affirme l’importance et la multiplicité des dominations et des oppressions, et s’appuie sur une nouvelle méthode d’analyse, l’‘intersectionnalité’, devenue une véritable théorie appelant à l’approche croisée des discriminations de toute nature. La ‘cancel culture’, pratique de la dénonciation et de la mise à l’écart, est le troisième terme de ce qui apparaît comme une offensive idéologique de grande ampleur, à juste titre très inquiétante. On en retiendra pour l’instant qu’on est passé de la reconnaissance légitime des différences à l’affirmation d’identités concurrentes, souvent intolérantes, voire agressives. L‘universalisme fait ainsi place au différentialisme, aux identitarismes qui ont nourri le passage du social au sociétal et de l’internationalisme au mondialisme, typique de la pensée post-moderne, avec le vocabulaire et le discours qui lui est propre.
Je renverrai pour conclure - provisoirement - ce premier point au philosophe Francis Wolff : « Il est vrai que les idées universalistes ont souvent servi de prétexte à la domination mais ce n’est pas toujours le cas. Même lors des entreprises de colonisation, il y avait toujours de l’ambiguïté. Par ailleurs, les pires entreprises de domination et d’extermination n’ont jamais été faites au nom de l’universel, le but était toujours d’exterminer les autres, les sous-hommes, la vermine. (…) D’un point de vue éthique ou politique, l’universel doit toujours être l’horizon visé, il n’y en a pas d’autre. Sinon on retombe sur le cercle infernal de l’asservissement ou de la domination. Il faut donc redonner à l’universel toute sa force émancipatrice ».

3. La remise en cause du troisième pilier, que forment la raison et la science est un autre front d’attaque de l’héritage des Lumières : l’affirmation d’un irrationalisme multiforme conduit à un relativisme absolu, où la vérité même n’aurait pas d’existence.

On a pu mesurer récemment les multiples formes d’irrationalisme , répandues notamment parmi la jeunesse, mais qui marquent tous les âges et tous les milieux. Les Encyclopédistes avaient mis la science au coeur de la modernité. Sa contestation aujourd’hui retrouve de vieux chemins mais en emprunte de nouveaux, entre lesquels la science se trouve comme écartelée : à l’appel incessant et à la glorification des scientifiques, censés apporter les solutions aux problèmes contemporains s’opposent les pourfendeurs de la science et de la technique, qu’ils rendent responsables de ces mêmes maux. Orchestrée par les multinationales californiennes, la fuite en avant dans le tout numérique et l’intelligence artificielle n’est pas sans rappeler les utopies scientistes qui avaient prospéré au début du siècle dernier. Au centre de gigantesques programmes, érigées en politiques globales par les états, ces nouvelles technologies suscitent à juste titre suspicion sur leur véritable finalité où l’humain disparaîtrait derrière la machine. La science du vivant qu’est la biologie est ainsi devenue une cible pour les divers courants de la postmodernité.
Mais la critique de la science a été portée à un nouveau paroxysme par les philosophes de la déconstruction des savoirs Jacques Derrida et Michel Foucault [C] qui, dans les années soixante-dixe ont réduit la connaissance scientifique à une pure construction sociale, sans rapport avec le réel. Ce que la confusion croissante entre réel et virtuel ne fait qu’amplifier de nos jours. Allant plus loin, la vérité même n’aurait pas d’existence, puisque dépendant de l’expérience voire de l’opinion ou des croyances de chacun, débouchant sur un relativisme général, n’épargnant aucune domaine de la pensée. On notera à cet égard les dégâts opérés par le développement de vérités officielles, touchant aussi bien l’histoire que les questions de santé ou le climat, à l’opposé d’une véritable démarche scientifique, critique par définition. Un comble est aujourd’hui atteint avec la propagande de guerre diffusée par tous les grands médias.
Cet effacement de la raison nourrit une incertitude générale, où rien de solide, de durable ne serait acquis, la perte de la plupart des repères engendrant un sentiment d’impuissance et un réflexe de repli chez nos contemporains.

4. L’idée de progrès a été dès le XIXème siècle la cible de tous les conservatismes. Ce quatrième pilier est depuis un demi-siècle l’objet de nouvelles et vigoureuses contestations, portées par les diverses tendances de la ‘mouvance’ postmoderne.

Le progrès était au coeur du projet politique d’émancipation des Lumières. Sa remise en cause est le troisième volet - découlant logiquement du second - de l’offensive anti-lumières. La dénonciation, ancienne, du ‘culte du progrès’ prend aujourd’hui la forme d’innombrables récits apocalyptiques emplis de monstres et d’extra-terrestres. ‘Effondristes’ et autres ‘collapsologues’ contribuent à répandre de multiples peurs dans la société toute entière. Il conviendrait désormais de substituer à l’optimisme lié aux ‘méta-récits’ émancipateurs un pessimisme réactionnaire, à l’invention de l’avenir le retour au passé. Jusqu’à renoncer à l’idée même d’humanité, désormais contestée entre animalisme et transhumanisme.
On est là bien loin de ce qu’écrit Stéphanie Roza, qui souligne combien ce principe de progrès avait été repris et développé par toute la pensée marxiste. En se disant souvent ‘post-marxistes’, les postmodernes se révèlent clairement anti-marxistes, opposés à donner un sens à l’histoire, et à la nécessaire sortie du capitalisme. Dans un livre récent Loïc Chaigneau revient sur ce qui oppose radicalement marxisme et intersectionnalité. En soulignant d’abord que les marxistes, Marx lui-même, ou plus près de nous Angela Davis, ont su analyser les discriminations, dominations et oppressions dans leur complexité, sans jamais les séparer des rapports de classe qui sont l’axe central des inégalités. Pour les tenants de l’intersectionnalité, au contraire, la question de la classe, parfois ignorée, est toujours minorée, simple variable parmi toutes les autres. Or, écrit Chaigneau, « nous devons impérativement reconnaître la détermination de classe comme première, non pas pour le plaisir de hiérarchiser les luttes mais justement pour les conduire correctement à leurs fins. » En s’en prenant aux effets, aux conséquences et non pas aux causes d’un système économique et social qu’ils se refusent même, souvent, à nommer, les postmodernes de toute obédience se condamnent à ne rien résoudre. Pour nombre d’entre eux, c’est le but recherché.
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Il faut bien prendre la mesure de cette attaque en règle - multiforme, ouverte ou camouflée - contre les valeurs héritées des Lumières. La défaite du soviétisme et le recul des forces communistes ont enfin, depuis plus de trente ans, nourri ce climat de désespérance et en quelque sorte ‘achevé la travail’. La postmodernité, avec ses mots et ses idées, a touché en premier lieu des cercles intellectuels restreints et une bourgeoisie éloignée des réalités du monde du travail. Mais ne nous voilons pas la face : ces idées, ces mots nouveaux ont pénétré profondément les médias, les arts, le monde politique, la jeunesse de tous les milieux. Les mouvements pour ‘sauver la planète’, les combats des LGBT, les manifestations pour la ‘justice climatique’ rassemblent une part de la jeunesse scolarisée, des étudiants et de la nébuleuse écologiste, avec leur illusions et leurs excès. Faut-il rejeter ces mobilisations sociétales ? Faut-il voir dans la recherche de tout nouveau droit un déni de l’universalité ? Nous nous en garderons. Mais avec une grande partie de l’opinion et de l’électorat populaires, nous nous interrogerons sur leur finalité : faut-il nous satisfaire de l’obtention de quelques nouveaux droits compatibles avec l’ordre existant, quand les gouvernements de gauche et de droite s’acharnent depuis un demi-siècle, à revenir sur tous les acquis sociaux du mouvement ouvrier ? N’y a-t-il pas urgence à revenir à l’essentiel, c’est à dire la guerre au capitalisme ? Est-il désormais dépassé, comme nous le serinent les postmodernes, d’en appeler à la révolution ? Cette question traverse les communistes et le peuple militant, de la CGT à la France Insoumise, pénétrés à leur tour par les mots, les idées et les pratiques postmodernes. Un nouvel arsenal idéologique imprègne désormais notre quotidien, de manière d’autant plus insidieuse qu’il se présente non pas comme une nouvelle offensive réactionnaire, venue de la droite, mais comme inspirée par les idéaux de lutte qui ont fait les beaux jours de la gauche et de l’extrême gauche. Et qui pour s’imposer n’hésite pas à recourir aux accusations, aux mises à l’index, voire aux exclusions. Comme l’écrit Brigitte Bouzonnie, l’offen-sive postmoderne a pour effet, voire pour objectif, de « diviser la ‘gôche’ et le peuple français, afin de le rendre moins dangereux pour les intérêts du capital. Et faire que ces luttes ne soient jamais victorieuses. Et plus gravement, les livrer aux réflexes de sécurité et aux formes de résistance qui subsistent, la famille, le local, la religion. »

Nombre d’analyses relient étroitement cette idéologie du renoncement aux besoins du capitalisme contemporain dans sa phase néo-libérale, puis mondialisée. Ceci nous impose de combattre pied à pied, compartiment par compartiment, thème par thème, cette idéologie de la résignation. Il est donc utile et nécessaire, à un moment où de puissants mouvements sociaux doivent se développer, de mener sur le terrain idéologique la lutte contre une entreprise de dépolitisation globale. On évitera d’entrer dans les débats très vifs, et fort complexes, qui agitent les spécialistes en sciences humaines (philosophes, sociologues, psychologues) ‘postmodernes’ ou ‘réalistes’. (3) Il nous revient par contre de sortir le nouveau vocabulaire - souvent emprunté à l’anglo-américain - et les idées qu’il porte du cercle étroit des spécialistes, des experts, pour les mettre, avec leurs contradictions, à la connaissance et à la critique du plus grand nombre. Essayer en somme, sous l’écume des mots, de définir et analyser de la manière la plus claire possible les divers aspects, les différents thèmes diffusés par cette mouvance ‘postmoderne’ [D]. Car nul ne doit être tenu hors de questions qui touchent aussi profondément notre présent et notre avenir. Véhiculés par des auteurs et des politiques se revendiquant de la gauche, ces thèmes ont grandement contribué à l’effacement du clivage gauche-droite, à la confusion entre progressisme et conservatisme. Bruyamment célébrés et promus par les médias dominants, ils viennent décrédibiliser toute issue révolutionnaire, interdire par avance toute construction collective d’une véritable alternative politique, condamnant la majorité du peuple, et en premier lieu les classes populaires, à continuer à subir. A vous, à nous de relever le défi.

NOTES

(1) Fait d’éléments a priori disparates et sur plusieurs plans, cet esprit du temps ‘postmoderne’ n’est pas une idéologie constituée. Il n’en fait pas moins ‘système’. Aux origines du mot on trouve l’ouvrage ‘fondateur’ du philosophe français Jean-François Lyotard, qui à partir d’un rapport sur les savoirs au XXème siècle, a écrit ‘la condition post-moderne’ (1979). Une des premières critiques de cet ensemble flou est anglaise (Alex Callinicos : ‘Against postmodernism’ : a marxist critique’ (1989). Pour Alan Sokal et Jean Bricmont (Impostures intellectuelles, 1998) la postmodernité est clairement dénoncée comme une contre-modernité.
Présenté comme spécialiste des ‘questions sociétales et de la postmodernité’, le sociologue Michel Maffesoli évoque pour sa part, de façon ramassée mais à mon sens éclairante « comment s’opère le passage de la modernité à la post-modernité : ce sont au moins trois renversements : le souci du présent, de l’immédiat, est préféré au sens du futur, (…) la posture à l’utilité de l’acte, l’émotion à la raison. »
L’historien Pierre Vilar, de son côté, a su reconnaître dès 1987 les principaux traits de la postmodernité, ce dernier ‘snobisme intellectuel’ en date : confusions entre les causes et les conséquences, entre le particulier et le général, entre l’imaginaire et le réel ; refus de penser historiquement l’ensemble des faits sociaux, rendant ainsi inintelligible l’évolution de l’humanité.

(2) Je dois au départ de cette réflexion reconnaître une dette particulière à l’ouvrage de Stéphanie Roza « la gauche contre les Lumières » (Fayard, 2021). Elle prend soin de préciser (p. 14) ce qu’elle entend par ‘gauche’ : « ce produit de la révolution française » désignant « l’ensemble des prises de position explicitement porteuses de projets de subversion de l’ordre existant (social, politique, économique) au profit des dominés. »
(3) Cette contribution pour ouvrir le débat s’est nourrie de la consultation d’un certain nombre d’ouvrages, donnés en annexe. Je n’ai évidemment pas lu tout ce qui a pu s’écrire sur le sujet. Il y a donc d’énormes lacunes, mais aussi des raccourcis, des approximations, des erreurs, que tous ceux qui le souhaitent voudront bien me signaler. Un tel exercice de ‘vulgarisation’ de la part d’un non-spécialiste de l’histoire des idées est forcément simplificateur, voire simpliste. Le point de vue résolument critique adopté sera sans doute tenu pour superficiel et partial. Mais je l’assume. A vous la parole !

Pierre Lenormand mise à jour du 30 janvier 2024

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Un point de vue cubain…
« L’homme postmoderne est devenu un homme détaché de presque tout ce qui l’entoure, à l’exception de son smartphone et d’une dizaine de produits qu’il consomme avec voracité. Immergé dans sa bulle, esclave des gadgets, entouré de capteurs et de logiciels qui en savent plus sur sa vie que sa famille. En d’autres termes, un individu réduit à la catégorie de chose. Il ne vit que pour lui-même, désireux d’un plaisir sans limite, trivial et éphémère. Un encyclopédiste du savoir inutile, qui vit au milieu d’une avalanche d’informations qui le déculturent et le désinforment. L’objectif est d’annihiler tout ce qui pourrait contredire, interpeller, déranger, le difficile, le profond et le social. »
Raul Antonio Capote (Granma, 13 janvier 2022, article « le capitalisme au XXIème siècle »)

Ouvrages consultés (par ordre alphabétique)

Beaud Stéphane & Noiriel Gérard 2021 : Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une catégorie (Agone, Marseille).
Chaigneau Loïc 2021 : Marxisme et intersectionnalité (Delga, 125 pages)
Clousclard Michel 2020 : Capitalisme de la séduction (1981, réédition Delga)
Cohen Daniel 2022 : Homo numericus, la civilisation qui vient (Albin Michel, 238 pages)
Couturier Brice 2021 : OK Millenials. Puritanisme, victimisation, identitarisme, censure … L’ enquête d’un baby-boomer sur les mythes de la génération woke. (l’Observatoire, 333 pages)
Laïnae Julia & Alep Nicolas 2023 : Contre l’alternumérisme (La lenteur, 141 pages)
Morel Martine & Prône André 2020 : Nouveaux modes de consommation. développement du e-commerce et contre-culture sociale (France Libris, collection Indecosa Var)
Policar Alain 2021 : L’inquiétante familiarité de la race. Décolonialisme, intersectionnalité, universalisme. (Editions du bord de l’eau, 144 pages)
Rennes Juliette (coord.) 2021 : Encyclopédie critique du genre (édition revue et augmentée, la découverte, 895 pages)
Roza Stéphanie 2020 : La gauche contre les lumières (Fayard, 203 pages)
Todd Emmanuel 2022 : Où en sont-elles ? Une esquisse de l’histoire des femmes (Seuil,377 p.)

   

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