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Crise sanitaire : « Le gouvernement va devoir faire face à la lassitude de l’opinion »

dimanche 28 novembre 2021 par Arnaud Benedetti

Le titre choisi par le Rédac chef du Figaro, montre bien à quel point cet article n’est pas dans la ligne habituelle du journal. En fait le pouvoir "macronien" peine a trouver des justificatifs a ses décisions incohérentes. Rien de scientifique là-dedans. Juste du politique à la petite semaine pour effrayer le bon peuple et le rendre servile. Il faut maintenant l’affirmer haut et fort : la vaccination ne vaincra par l’épidémie. (JP-ANC)
Pour faire face à la cinquième vague, le ministre de la Santé a annoncé un ensemble de nouvelles mesures le 25 novembre. L’exécutif peine à trouver des arguments pour justifier les nouvelles obligations sanitaires. (Le Figaro du 26/11/2021).

Le narratif de l’épidémie n’en finit pas ; il revient comme une deuxième peau dont nous ne parviendrions pas à nous défaire. Le pire dans cette affaire est l’accommodement quasi-moutonnier qu’il suscite à un modèle de société où le sanitaire, celui de la peur en l’occurrence, dicte et commande, quand bien même en viendrait-il à produire nombre de contradictions que les exécutifs s’efforcent de dissimuler sous une communication anxiogène.

L’immédiateté permanente à laquelle nous sommes exposés neutralise capacités de réflexion, mémoires, et vigilance. Tout file au point de brouiller les certitudes d’hier enfouies dans une histoire perdue. Il est loin, et peut-être n’a-t-il jamais existé le temps où, péremptoirement, optimistes doctes médecins et politiques professaient l’idée que le tout vaccinal vaincrait définitivement l’épidémie.
Ceux-là jureront aujourd’hui qu’ils n’ont jamais prononcé de ces mots définitifs mais le moment viendra où une histoire scrupuleuse restaurera l’enchaînement des faits.

Tout se légitime au fur et à mesure des évolutions pandémiques au tamis d’une science instantanée qui a montré qu’elle avançait en tâtonnant.

À ce stade, tout est encore trop tôt, tant les « vagues » - sémantique au demeurant révélatrice de notre inconfort à définir ce que nous traversons - se succèdent pour conformer médiatiquement les opinions aux messages et autres injonctions de leurs maîtres du moment.

Les dernières annonces gouvernementales s’inscrivent dans ce contexte de faux-semblants. Non que la reprise épidémique ne soit au rendez-vous mais il n’en demeure pas moins qu’il faudrait aussi s’interroger sur la nature et la portée de son impact - ce qui manifestement n’est pas envisageable - sauf à prendre le risque d’être suspecté de « complotisme », catégorie fourre-tout qui autorise à disqualifier tout esprit critique, y compris celui qui s’efforcerait d’interroger rationnellement des choix qui se prétendent rationnels mais qui sont avant tout politiques, ce qui ne signifie en rien qu’ils résultent d’une quelconque rationalité.

Après tout, que le passe sanitaire soit d’abord un instrument coercitif de contrôle social et non pas une mesure de protection sanitaire, le fait est peu contestable, même s’il habille par l’incitation vaccinale chacun d’entre nous à se ranger sous le parapluie de la vaccination dont on n’ignore plus dorénavant qu’il n’exclut pas plus de contaminer que d’être contaminé.

À se reporter au triomphalisme du début de l’aventure des vaccins, voici quelques mois, force est de constater que l’humilité, désormais au rendez-vous, s’est trouvée un argument rhétorique - la fameuse « limitation des formes graves », dont on ne peut que souhaiter qu’elle ne soit pas exclusivement un effet pour rhéteur en difficulté.

Car à terme, ce qui guette les gouvernants n’est-ce pas in fine l’épuisement de leurs arguments à l’épreuve de la lassitude montante des opinions qui ont assisté depuis des mois à la défaite de bien des certitudes et à commencer à la fragilisation grandissante de la doxa d’un "biopouvoir" qui a montré bien peu de prudences dans ses assertions instantanées ?

Laisser Olivier Véran communiquer c’est laisser le ministre tout autant aux imperfections de sa com’ qu’aux incertitudes d’une action qui parfois donne l’impression de se rapprocher toujours plus du pied du mur.

Tout se légitime au fur et à mesure des évolutions pandémiques au tamis d’une science instantanée qui a montré qu’elle avançait en tâtonnant, mais qui trop souvent aura communiqué par affirmation, contaminant ainsi une parole et une action publique aux prises aux aléas d’un virus qui se joue des hommes et des savoirs.

Les dispositions prises par l’exécutif pour faire face au rebond épidémique suscitent en conséquence le sentiment d’un énième « barrage contre le pacifique », comme si à défaut de refermer à nouveau la société il s’agissait au préalable d’enfermer d’abord les individus dans un carcan renforcé de contraintes individuelles.

La société continue à fonctionner, sous réserve que nous fassions le deuil d’une partie de nos libertés et de notre libre arbitre.

Ainsi faut-il comprendre le choix des émetteurs pour délivrer aux Français les dernières mesures de l’exécutif : le ministre de la Santé est tout autant un bouclier qu’un fusible au cas où…

Alors que la précampagne présidentielle s’accélère, le chef de l’État s’est bien gardé, avec sagesse, de toute prise de parole, comme s’il se réservait sur un sujet dont l’escalade apparaît à chaque nouvelle séquence bien plus communicante qu’argumentative.

Laisser Olivier Véran communiquer c’est laisser le ministre tout autant aux imperfections de sa com’ qu’aux incertitudes d’une action qui parfois donne l’impression de se rapprocher toujours plus du pied du mur…


Arnaud Benedetti est rédacteur en chef de la Revue Politique et parlementaire et Professeur associé à l’Université Paris Sorbonne. Il publie Comment sont morts les politiques ?, Le grand malaise du pouvoir (éd. du Cerf, 4 novembre 2021).

   

Messages

  • 1. Crise sanitaire : « Le gouvernement va devoir faire face à la lassitude de l’opinion »
    29 novembre, 08:39 - par RICHARD PALAO


    Commençons par utiliser les bons termes :
    Le Covid doit etre qualifié de pandemie et pas d epidemie, une epidemie se répand dans une zone géographique donnée sur une période limitée alors qu une pandemie affecte le monde entier sur une longue durée
    En conséquence la vaccination ne permettra de vaincre le virus que lorsque la quasi totalité de la population mondiale sera vaccinée ce qui impose que la distribution des vaccins soit gérée au niveau mondial par les instances internationales afin que les big farma soient contraintes par celles ci de céder leurs brevets afin d abaisser les prix de vente ces vaccins et contraindre les pays riches a mutualiser la distribution en direction des pays les plus pauvres.

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