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Nostalgie, nostalgie ! (témoignage) : l’histoire des généraux félons

mardi 11 mai 2021 par collectif polex

21 Avril 2021 : ce n’est certainement pas un hasard si "un quarteron de généraux en retraite", pour paraphraser le général de Gaulle 60 ans plus tôt, ont choisi cette date pour publier un manifeste très controversé dans Valeurs actuelles qui me semble être des valeurs du passé !
Ces vieilles ganaches étoilées dont nous ne connaissons pas tous les noms semblent être des nostalgiques du putsch d’Alger du 21 avril 1961 et de l’Algérie Française.

Aujourd’hui, qui se souvient des évènements qui se sont déroulés en Algérie entre le 21 et le 26 avril 1961, peu de monde ; quelques anciens appelés du contingent qui ont vécu ces évènements, quelques historiens, mais pour les jeunes générations il est fort probable que cette date n’évoque absolument rien.

En effet, le 21 avril est le sinistre anniversaire du putsch fomenté en 1961 par les généraux André Zeller, Maurice Challe, Edmond Jouhaud et Paul Gardy secondés par les colonels Antoine Argoud, Jean Gardès, Charles Lacheroy et Joseph Broizat qui "se sentaient trahis" par les décisions du chef de l’État prises à la suite du référendum sur l’autodétermination en Algérie du 8 janvier, autodétermination approuvée par 75% des électeurs.

Bien évidemment ce putsch est soutenu par Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde, qui ont créé l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) le 11 février 1961 à Madrid où s’était réfugié Lagaillarde après sa condamnation par contumace pour rébellion contre l’État.

Ces hauts gradés étaient sans doute sûrs d’eux et de l’obéissance de l’armée toujours le petit doigt sur la couture du pantalon. Pourquoi donc bien préparer ce mouvement de sédition : les trouffions suivront ! C’était sans compter sur le ras-le-bol des soldats du contingent après 8 années d’une guerre que la plus-part d’entre eux ne voulaient pas.

Et le contingent n’a pas suivi les généraux factieux ; sur leurs transistors, comme le dira le général de Gaulle, « cinq cent mille gaillards ont entendu son appel à l’obéissance et à l’aide ainsi que son interdiction d’obéir aux officiers rebelles » et le contingent s’est rangé du côté de la légalité.

De nombreuses unités d’appelés un peu partout en Algérie se soulèvent contre les putschistes ; c’est le cas, entre autres, des 2e et 8e RPIMa et des soldats des bases aériennes de Boufarik et de Blida.

Sur la base aérienne de Blida, la BA 140, le colonel ayant peut-être senti le vent venir s’était octroyé une permission pour rentrer sur le continent en laissant son second se débrouiller avec cette affaire. Après d’âpres négociations avec les parachutistes commandés par Hélie Denoix de Saint-Marc , fait grand-croix de la Légion d’honneur en 2011 par le président Sarkosi, l’État-major des putschistes a voulu éviter un affrontement entre des militaires français et les paras sont restés à l’extérieur de la base. Toutes les portes ont été fermées et des remorques ont été installées en quinconce sur les pistes afin d’empêcher tout atterrissage et tout envol.
Une fois confinés sur la base les appelés ont interpellé le commandant par intérim, le sommant d’indiquer sa position vis-à-vis des putschistes ; la réponse tardant à venir, ni une ni deux, le lieutenant-colonel a été conduit manu-militari jusqu’à la prison de la base.

La BA 140 se trouvant sans commandement, c’est le commandant d’une unité volante, l’AAMR, Joseph Kubaziak, qui a assuré l’intérim et organisé la sécurisation de la base afin d’interdire son entrée aux troupes de parachutistes.
Afin d’aller informer l’exécutif à Paris, c’est de Blida qu’un avion s’est envolé pour rejoindre la capitale ; les conducteurs de camions étaient en alerte, les remorques ont été déplacées et l’avion a décollé volant au ras des flots pour ne pas être détecté par les radars.

A partir du 26 avril, pour les putschistes c’est la débâcle, les unités ayant suivi les généraux factieux se rendent, les généraux aussi ; grâce aux soldats du contingent le coup d’État n’aura duré que cinq jours mais les factieux se sont targués de l’avoir réalisé sans avoir tiré un seul coup de feu !

Faux ! Comme l’a rappelé Jacques Lambour, militant de l’association 4AGC, lors d’une manifestation organisée à Anger le 1er mai dernier : dans la nuit du 21 au 22 avril le maréchal des logis chef Pierre Brillant a été exécuté par les insurgés alors qu’il tentait de défendre son poste de transmission et, Pierre Brillant n’a pas été la seule victime du putsch ; après le 26 avril, le commandant Kubasiak a été mis aux arrêts de rigueur durant un mois puis mis à la retraite anticipée pour prise illégale de commandement et, le 24 juin 1962, lui et son beau-père ont été assassiné par un commando de l’OAS à Aix-en-Provence où la famille s’était retirée.

Pour Jacques Lambour, ce rappel historique n’est pas le seul dont il veut témoigner ; en effet, le 8 mai, toujours à Angers, 4ACG a tenu à rappeler le triste anniversaire du 8 mai 1945 en Algérie. Alors que toute la France était en liesse après la reddition des troupes nazies et la signature de l’armistice, le peuple algérien vivait un drame atroce : 45 000 algériens massacrés par l’armée française alors qu’ils fêtaient eux aussi la fin de la Seconde Guerre mondiale mais, manifestaient également en réclamant leur indépendance.

Ce massacre a été indéniablement l’effet déclencheur des évènements qui, 9 ans plus tard, ont vu le 1er novembre 1954, le début de la guerre d’Algérie.

Alain Amsellem, collectif polex


La nostalgie des crimes fascistes de l’OAS n’est pas un anodin souvenir ému du passé, mais une menace directe contre ce qui nous reste de libertés menacées. À ne pas sous-estimer, le monstre est encore vivant, qui s’est emparé du Brésil avec les mêmes arguments que ceux développés par la "petition des officiers" publiée par l’hebdo d’extrême-droite Valeurs actuelles. Il est urgent de rassembler les Français vivant de leur travail contre le péril fasciste, comme en 1934.

Francis Arzalier(ANC). 10 mai 2021

   

Messages

  • 1. Nostalgie, nostalgie ! (témoignage) : l’histoire des généraux félons
    11 mai, 11:19 - par RICHARD PALAO


    Merci FRANCIS pour rappeler la vraie histoire de ce putsch raté grâce aux appelés du contigent alors que d autres l ont qualifié de pantalonnade ( DE CASTELNAU sur ce site )

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