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Séparation de l’Alsace de la région Grand Est, le projet européen est un danger pour les travailleurs français
lundi 20 avril 2026 par Arno
En France s’organise la lente déconstruction historique de la nation. Le 8 avril a été votée à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à séparer l’Alsace de la région Grand Est, redevenant ainsi une région de plein exercice et lui donnant de ce fait encore un statut particulier.
Cette attaque à l’unité nationale n’est pas un coup d’essai, déjà les Alsaciens avaient été soumis à un référendum en 2013 et avaient refusé. Pourtant en 2021, elle acquiert un statut particulier sans consultation de la population, justifié par la présence du parlement européen à Strasbourg, et devient la collectivité européenne d’Alsace, ce qui lui donne à la fois les compétences d’un département, mais aussi des compétences particulières, notamment en matière de coopération transfrontalière, de bilinguisme, de transports et d’organismes professionnels.
Tous ces évènements sont là pour préparer la division de la France dans l’Union européenne avec le délitement progressif de toute sa structure centralisatrice.
L’histoire de France est celle de la concentration du pouvoir et de la construction nationale autour d’un projet politique centré sur Paris. La France est un progrès certain pour le peuple français, qui, au prix de la lutte acharnée contre la bourgeoisie nationale et son impérialisme, a pu arracher des droits et des améliorations concrètes de ses conditions de vie au sein de la structure nationale.
Prise avec force dans la lutte des classes, la nation française a dans le même temps été l’outil de la bourgeoisie pour opprimer son peuple et ceux des autres continents.
La Révolution française a été récupérée par la bourgeoisie, qui s’est servie de ce moment historique de destruction des privilèges pour se garantir des avantages forts.
Le peuple français tente depuis plus de 200 ans de récupérer les pouvoirs perdus.
Dans cette lutte acharnée, la bourgeoisie française et ses élites diverses (militaires, politiques, intellectuels, etc.) ont compris le danger que pouvait représenter le peuple français par sa capacité d’organisation et sa force de frappe. C’est pourquoi la stratégie du « diviser pour mieux régner » a été théorisée.
L’objectif pour la bourgeoisie était de dépasser le cadre national, au sein duquel le prolétariat avait su s’organiser, pour le subordonner à un cadre supranational. Il est somme toute logique que l’idée de dépassement des nations par l’éclatement en diverses régions fédérales et semi-autonomes puisse être l’évolution logique pour la bourgeoisie afin de maintenir le contrôle sur le prolétariat.
L’objectif est clairement de limiter son impact politique en créant des instances supranationales opaques et hors d’atteinte de mouvements organisés. C’est la forme que prit la collaboration française, avec l’objectif de diviser les régions, comme cela put être le cas pour la Bretagne, dont une partie des intellectuels était prête à collaborer pour acquérir l’indépendance.
La bourgeoisie a besoin du peuple, et non pas de l’État ou de la nation, qui n’ont été pour elle que des moyens de soumettre le prolétariat et d’assurer la réalisation de ses intérêts propres. Pétain a ainsi offert le prolétariat français comme main-d’œuvre aux nazis. La souveraineté de la nation n’intéressait pas le maréchal déchu, faux héros de guerre au service de la bourgeoisie, il fallait soumettre les travailleurs français à l’ordre du Troisième Reich.
Dans ce contexte, l’Union européenne n’est pas une entreprise internationaliste, mais un régionalisme fédéral. Le but est de diviser en agitant les particularismes régionaux et identitaires, tout en maintenant le contrôle politique. En somme, lâcher le contrôle culturel pour renforcer le contrôle économique et politique. Il s’agit d’un retour en arrière historique, donc d’une stratégie réactionnaire mettant en danger tous les prolétaires européens.
L’internationalisme ne peut se faire sans la nation, tout est dans le nom. La transition de l’impérialisme vers l’entente entre les peuples ne pourra se faire sans la sauvegarde des particularismes humains et de leur richesse ainsi que par leur autodétermination. Chaque région du monde possède ses propres particularismes, qu’il convient d’englober dans l’internationalisation du prolétariat, en reconnaissant comme primordiale le droit à l’autodétermination après plusieurs siècles d’impérialisme et de colonialisme destructeurs.
La France est le résultat d’une lente construction historique par le regroupement d’une grande diversité de peuples (Goths, Francs, Bretons, Scandinaves, Latins, Gaulois, j’en passe) au cours d’une longue histoire de migrations. La nation française ne peut donc être réduite à son impérialisme, de la même façon que son histoire est une alternance d’autoritarisme centralisé et de migration continue.
La centralisation des pouvoirs par le roi, qui devient seul souverain du royaume, a été le résultat du processus historique qui permit à la nation de naître par la récupération de la souveraineté par le peuple. Le coup d’État bourgeois n’enlève rien à la qualité de progrès qu’a été ce processus historique.
Prenons l’exemple du Burkina Faso, où le président révolutionnaire Ibrahim Traoré entame un processus révolutionnaire de construction nationale, permettant à des dizaines d’ethnies, de cultures et de religions de s’accorder dans un territoire riche afin de construire leur avenir. Le progressisme ne peut passer que par la centralisation du pouvoir par un peuple déterminé afin de se munir des outils nécessaires à sa protection, sa prospérité et son autodétermination.
Ainsi, la division de la France par l’agitation de quelques sentiments régionaux n’aura pour conséquence que la balkanisation du pays dans une fédération supranationale bourgeoise.
Le danger est grand pour les travailleurs français, européens et internationaux. La destruction de la nation française est le résultat d’un processus réactionnaire puissant par la destruction de l’organisation du prolétariat et la formation d’une puissance impérialiste dangereuse pour le monde entier.
Toutes les régions, lorsqu’elles ne sont pas le résultat d’une histoire coloniale violente et abjecte, doivent rester françaises, sinon le peuple perdra l’une des plus grandes victoires de son histoire.
Voir en ligne : https://jeunessedumonde.fr/2026/04/...

