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IRAN : Algérie : Les silences d’une diplomatie sous contrainte impériale
Un article de « La Pensée Libre ».
samedi 4 avril 2026 par Collectif « ÉCHOS DE LA VIE ICI-BAS »
Dans tous les pays ex-socialistes où le pouvoir s’est vu concentré dans les mains d’une bourgeoisie naissante on constate le développement d’une contradiction entre la nouvelle bourgeoisie compradore locale et la nouvelle bourgeoisie nationale locale. Cette contradiction évolue de manière très différente selon les pays et le rapport de force existant entre ces deux bourgeoisies. Cela va d’une soumission quasi-totale du pays au bloc impérialiste occidental à des tentatives d’affirmer une souveraineté nationale et économique, gage d’un redémarrage de l’économie productive locale.
L’Algérie depuis la mort du président Boumediene a connu ces aller-retours entre secteurs bourgeois dans une situation de pressions et d’ingérences extérieures constantes. Sa marge de manœuvre était au départ très faible, en particulier au moment des ingérences qui ont mené à la « décennie noire ». Sa situation a eu tendance à se renforcer après la stabilisation relative du pays, puis la mobilisation de la population au cours du mouvement du « Hirak » et les changements politiques au sommet qui en ont résulté.
Le pays reste néanmoins largement isolé dans l’aire arabe où les potentats locaux sont partout aux mains de bourgeois compradores décomplexés, en particulier depuis la chute de l’Irak, de la Libye et de la Syrie, ce qu’on peut constater avec l’attitude pro-impérialiste qu’ils observent face à l’agression anglo-américano-sioniste visant les peuples palestinien, libanais, syrien et aussi l’Iran qui tient haut l’étendard de la souveraineté nationale.
Le cas algérien mérite donc d’être analysé dans ce contexte régional mais aussi mondial, car il constitue un cas d’école pour tous les analystes cherchant à décrypter les décisions que peuvent prendre les pays où les masses démontrent leur patriotisme et leur appui à des politiques sociales et économiques progressistes.
Des pays où le pouvoir est tiraillé entre deux tendances contradictoires, dans un contexte international d’agressivité impérialiste systématique. Ce qui repose la question centrale pour tous les pays et pour tous les peuples de la stratégie et de la tactique à employer dans une société fragmentée de la base au sommet par les ingérences extérieures, politiques, économiques et idéologiques.
La Rédaction
IRAN : Algérie : Les silences d’une diplomatie sous contrainte impériale
ou la diplomatie du « Ngoại giao cây tre » ? *
La récente déclaration du ministère algérien des Affaires étrangères condamnant les frappes iraniennes contre des pays du Golfe, sans condamner explicitement l’agression menée par l’axe israélo-étasunien contre l’Iran, constitue un révélateur d’une mutation de la diplomatie algérienne qui n’a pas manqué d’interpeller nombre de nos compatriotes. Loin d’être un simple ajustement conjoncturel, ce positionnement traduit une tension structurelle entre héritage anti-impérialiste et contraintes d’insertion dans un ordre international dominé par des rapports de force asymétriques.
Une inflexion qui rompt avec la tradition anti-impérialiste
Historiquement, la politique extérieure algérienne s’est construite dans le sillage de la guerre de libération : refus des blocs, soutien aux mouvements de libération et de manière centrale,à la cause du peuple palestinien, dénonciation constante de l’impérialisme occidental. Dans cette perspective, toute agression militaire menée par des puissances hégémoniques contre un État souverain appelait une condamnation claire.
Or, la séquence actuelle marque, pour le moins, une discontinuité manifeste. En condamnant les frappes iraniennes sur les monarchies du Golfe tout en adoptant un langage mesuré, voire silencieux face aux actions américano-israéliennes, Alger semble introduire une hiérarchisation implicite des violences. Cette asymétrie discursive ne peut être comprise qu’en la replaçant dans la recomposition des rapports de force régionaux et internationaux.
Ce déplacement est d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte où d’autres positions diplomatiques récentes, sur Gaza ou le Sahara occidental, ont déjà suscité des interrogations au sein de l’opinion publique nationale. Il ne s’agit donc pas d’un épisode isolé, mais d’un moment d’une transition plus large.
Le « réalisme de survie » : une adaptation aux contraintes impérialistes
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