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Plus de 100 personnalités de la culture soutiennent Francesca Albanese face à une campagne de dénigrement
dimanche 15 février 2026 par Al Mayadeen English
Un groupe de députés français a écrit au ministre français des Affaires étrangères Barrot, qui a déclaré “condamner ces (prétendus) propos scandaleux et répréhensibles” et a demandé sa démission.
Plus d’une centaine d’artistes et d’intellectuels de renom ont exprimé leur soutien à Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations unies, après que la France et l’Allemagne ont appelé à sa démission suite à ses prétendus propos sur les crimes de guerre israéliens.
Plus d’une centaine de personnalités du monde du spectacle et de la culture ont signé une lettre ouverte en soutien à Francesca Albanese, experte des Nations unies sur les droits des Palestiniens, qui fait l’objet d’une campagne de dénigrement visant à obtenir sa démission suite à ses récentes déclarations sur la guerre menée par Israël contre Gaza.
La lettre, organisée par le groupe Artists for Palestine et publiée samedi, défend Mme Albanese contre les critiques de plusieurs gouvernements européens, dont la France et l’Allemagne.
Une lettre ouverte défend Mme Albanese
Parmi les signataires figurent les acteurs Mark Ruffalo et Javier Bardem, l’auteure Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel, et la musicienne britannique Annie Lennox. D’autres personnalités publiques soutiennent Mme Albanese, notamment les actrices Rosa Salazar et Asia Argento, les réalisateurs Yorgos Lanthimos et Kaouther Ben Hania, l’artiste de musique latine Residente et la photographe Nan Goldin.
Les signataires ont déclaré :
- “soutenir totalement Francesca Albanese, défenseuse des droits humains et donc également du droit du peuple palestinien à exister”.
- “Nous sommes infiniment plus nombreux, aux quatre coins de la Terre, à vouloir que la force ne soit plus la loi. Car nous savons ce que le mot “loi” signifie vraiment”, conclut la lettre.
La déclaration reproduit intégralement les remarques faites par Mme Albanese, qui critique la complicité de la communauté internationale dans le génocide commis par Israël à Gaza.
La controverse
La France et l’Allemagne ont appelé à la démission d’Albanese pour ses propos dans lesquels elle faisait référence à un “ennemi commun de l’humanité” tout en critiquant “la plupart des pays du monde” et les médias pour avoir permis le génocide israélien à Gaza.
- “Que la plupart des pays du monde aient armé, excusé, soutenu politiquement, fourni un soutien économique et financier à Israël au lieu de l’arrêter est un défi. Que la plupart des médias occidentaux aient amplifié le discours pro-apartheid et génocidaire est un défi. Et c’est là aussi que réside notre opportunité. En effet, si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que la communauté internationale n’a jamais été confrontée à des défis aussi immenses. Nous constatons aujourd’hui l’existence d’un système oppressif mondial, un ennemi commun de l’humanité qui a permis le génocide en Palestine avec les capitaux qui le financent, les algorithmes qui l’occultent et les armes qui le rendent possible, et que les libertés, le respect des libertés fondamentales, sont la dernière voie pacifique, la dernière solution pacifique dont nous disposons pour reconquérir notre liberté”.
Les responsables israéliens ont accusé la rapporteure spéciale des Nations unies d’avoir qualifié Israël d’“ennemi commun”. Mme Albanese a rejeté cette accusation, la qualifiant de “manipulation” et de “complètement fausse”.
Un groupe de législateurs français a également envoyé une lettre au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dénonçant ses propos comme étant “antisémites”. M. Barrot a ensuite déclaré que la France “condamne sans réserve ces propos scandaleux et répréhensibles” et a demandé sa démission sans s’excuser le moins du monde d’avoir relayé les propos diffamatoires et la citation tronquée et déformée diffusés par Caroline Yadan, députée de la 8è circonscription des Français de l’étranger (Israël).
L’ONU prend ses distances
Mme Albanese, experte juridique italienne nommée en 2022 rapporteure spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, est l’une des critiques les plus virulentes du génocide israélien à Gaza.
Elle a qualifié cette attaque de “honte de notre temps”, interpelant à plusieurs reprises les dirigeants mondiaux en leur posant la question suivante :
“Comment faites-vous pour dormir ? Quand allez-vous agir ?”
Son mandat de rapporteure spéciale est indépendant et non rémunéré. Ces experts sont nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, mais ne s’expriment pas au nom des Nations unies.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a pris ses distances avec ses propos cette semaine. Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a déclaré que l’ONU : “n’est pas d’accord avec une grande partie de ses propos”, ajoutant que l’organisation “n’utiliserait pas son langage pour décrire la situation”.
Albanese a également été visée par des sanctions de la part de l’administration du président américain Donald Trump en juillet dernier pour ce qu’elle a qualifié de travail “partial et malveillant”.
Traduit par Spirit of Free Speech
Voir en ligne : https://ssofidelis.substack.com/p/p...

