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Témoignage d’un combattant cubain qui a défendu le président Maduro

lundi 19 janvier 2026 par Gretel Díaz Montalvo

Yohandris Varona Torres servait depuis deux mois et six jours comme membre de la sécurité personnelle au Venezuela au moment de l’attaque, l’expérience la plus intense qu’il ait vécue en vingt-trois ans de service militaire, sa première mission internationaliste.

Mais ce samedi 3 janvier a été fatidique. À minuit, il a pris position pour six heures de garde. Tout était tranquille, mais Yohandri sait que le pire danger est la confiance.

Il était près de deux heures du matin quand il a vu le premier des hélicoptères du groupe de commandos étasuniens qui débarquaient à Caracas pour séquestrer le président Nicolás Maduro.

Il a eu à peine le temps de sortir de la guérite pour se camoufler à quelques mètres de distance et commencer à tirer. C’est cette décision ou la chance qui lui a sauvé la vie. Comme s’ils suivaient un plan à l’exactitude millimétrique, les attaquants ont orienté le feu contre la guérite où il se trouvait encore quelques secondes avant.

« Leur pouvoir de feu était bien supérieur au nôtre. Nous n’avions que des armes légères. Ce qu’ils avaient aussi en leur faveur, c’est qu’ils semblaient savoir où tout se trouvait. Ils ont tiré contre les guérites et les postes, contre les dortoirs où on était, nous les cubains, et ils sont parvenus à tuer les chefs en premier. »

Malgré ses vingt-trois ans d’expérience à la direction de sécurité personnelle, ce premier sous-officier n’avait jamais rien vécu de pareil. Mais l’entraînement qu’il a suivi lui permettait de savoir ce qu’il fallait faire, et cette nuit-là, il a vidé chargeur après chargeur contre les ennemis.

« Il fallait tirer et tirer. Défendre et tuer », ajoute-t-il. « On se battait contre des avions qui nous mitraillaient. Même si notre armement était bien inférieur, on n’a pas cessé de se battre, de leur faire face. J’ai suivi une préparation, je sais comment me battre, mais ils étaient supérieurs à nous. À ce moment-là, ma seule pensée était de me battre.  »

« Malgré leur avantage en puissance de feu, je suis sûr qu’on leur a infligé des pertes. Plus que celles qu’ils reconnaissent. On s’est battus dur. On a continué à tirer jusqu’à ce qu’on soit presque tous tombés, tués ou blessés. »

Ça n’a pas été un combat rapide ni facile, comme Trump et ses acolytes ont tenté de le faire croire au départ. Au fil des jours, il a été confirmé que seuls la mort et le manque de munitions sont parvenus à éteindre la résistance des Cubains. Yohandri se souvient de tout avec une lucidité terrible. Ses yeux semblent repasser les images une à une. Il pleure. Il pleure de rage.

Il ne pourra jamais oublier cet affrontement, dit-il, mais surtout les heures suivantes, où les survivants du groupe ont dû transporter les corps de leurs compagnons tués.

« On les a transportés vers un édifice, qui avait été endommagé, mais qui nous a permis de les protéger. Ça a été très dur, parce que c’étaient des hommes qu’on connaissait, avec lesquels on avait vécu encore quelques heures avant. On les a tous transportés, sans en abandonner aucun.

« Quand les bombes commencent à tomber, la seule chose à quoi on pense, c’est combattre. On était là pour ça, et c’est ce qu’on a fait. Il me reste juste la douleur de n’avoir pas pu les arrêter. Et cette douleur – dit-il en se frappant la poitrine – je dois me l’enlever en prenant ma revanche sur l’ennemi. »

https://www.trabajadores.cu/20260117/solo-me-queda-el-dolor-de-que-no-pudimos-pararlos/

   

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