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Que faire ?
lundi 5 janvier 2026 par Francis Arzalier
Deuxième partie de la réflexion engagée par l’auteur F. ARZALIER sur ce site, sous le titre : « Et si on parlait de la France ? »
Les débats récents à l’Assemblée ont vu le vote par une majorité allant d’y RN aux PS d’une suspension de la réforme des retraites, ce qui n’est pas vraiment une avancée sociale. Mais ce vote permet au Parti Socialiste de se féliciter d’avoir arraché la suppression de la réforme Macron-Borne, ce qui est faux.
C’est un rappel pour ceux qui l’auraient oublié du vieux clivage indélébile au sein de de la Gauche française, entre Révolutionnaires menant sans concessions la lutte contre le Capitalisme, et les Réformistes prêts au compromis avec ses tenants si le contexte s’y prête.
C’est évidemment déplorable, et facilite la marche au pouvoir de l’Extrême-Droite et ses alliés, ce danger majeur de la prochaine période.
Mais cela ne rend pas cette catastrophe inéluctable.
La différence « génétique » entre révolutionnaires et réformistes n’empêche en rien l’alliance ponctuelle des deux Gauches, sur un objectif précis : faire barrage à l’Extrême-Droite, et à la régression sociale qui en découlerait.
Ce fut le cas en 1936, avec les accords électoraux dits de Front Populaire, contre le péril fasciste.
Contrairement à une version ultérieure manipulée, l’accord électoral ne prévoyait aucune des grandes réformes sociales qu’on dit « du Front Populaire. « Les Congés Payés par exemple, qui furent imposés à la bourgeoisie par les grèves et les occupations d’usines de juin 1936, plusieurs semaines après la victoire des partis de gauche unis contre le danger fasciste dans les urnes.
En tout état de cause, c’est le mouvement social et le rapport de forces qui en découle qui décide de la suite des événements,
Que faire en 2026 ?
Le champ de ruines actuel des organisations de lutte de classe françaises est d’autant plus désolant qu’il ouvre un boulevard ombragé aux forces organisées d’extrême-droite et racistes, comme le RN et ses alliés-concurrents des Droites dites classiques, qui annoncent déjà leur prise du pouvoir par les prochains scrutins.
Et il est vrai que ce danger est évident, qui serait un recul historique pour les travailleurs français, une victoire séculaire de la Bourgeoisie possédante, le couronnement de la destruction engagée des services publics et des conquêtes sociales, et plus encore du tissu national né de diversités culturelles…
Sous-estimer ce danger serait de notre part inepte, il n’est que temps de barrer la route à ce déferlement réactionnaire annoncé.
Toutes les batailles sont perdues si on ne les mène pas, aucune n’est perdue d’avance si on les engage en précisant rationnellement les objectifs et les conditions de l’action.
D’abord, l’unité des communistes.
Aucune lutte populaire contre le Capitalisme régnant ne pourra en tout cas aboutir à une avancée sociale ou politique majeure, sans la reconstruction d’une organisation-parti communiste digne de ce nom et de son héritage marxiste.
Cet objectif de reconstruction, à partir des groupes Communistes-marxistes actuels, exige au préalable des luttes communes, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Certains parmi nous cultivent trop leur « splendide isolement ».
Cet objectif d’unité est partagé en théorie par chacun d’entre eux : Encore faut-il que cette volonté proclamée de fusion ne se réduise pas à un orgueilleux attachement sectaire à quelques dogmes politiques particuliers, ce qui réduirait la Reconstruction Communiste à une absorption et la rendrait ainsi totalement impossible.
Barrer la route à une victoire électorale des droites coalisées.
L’effort obstiné de reconstruction d’un parti des Communistes n’oblige en rien à sous-estimer le péril que représenterait l’accès au pouvoir d’État et local de l’Extrême-Droite et de la Droite lors des prochaines joutes électorales.
Avoir un programme communiste réfléchi et s’y tenir en toute occasion, n’empêche nullement de rechercher des alliances électorales avec les divers courants de la Gauche réformiste, contre le danger de Droite et d’Extrême-Droite.
L’alignement récent du Parti Socialiste sur des compromis droitiers avec les divers courants du Gouvernement Lecornu n’est pas définitifs, si les luttes populaires créent un nouveau rapport de forces, comme ce fut le cas en 1936.
Réfléchir à un projet de société nouvelle.
Il est trop facile de s’affliger de la perte d’influence durant le demi-siècle dernier des organisations communistes, comme si elles n’avaient pas mérité cette désaffection, en oubliant par opportunisme électoral et carriérisme que leur seul but est d’être fidèle à leurs objectifs de lutte pour une société socialiste, satisfaisant les revendications des travailleurs, en mieux-être social et pour la paix.
Un constat de carence, qui oblige les divers groupes communistes, et notamment l’URC à réfléchir en attendant au nécessaire objectif.
Une société socialiste pour la France
Encore faut-il la définir concrètement, puisqu’il serait en 2026 inepte de réduire notre objectif à copier un modèle de Socialisme existant.
À l’inverse des règles du Capitalisme actuel, motivé par l’appétit individuel, le profit personnel de ceux qui possèdent les moyens de production et d’échange, et de ce fait, tirent bénéfice du travail de ceux prolétaires qui ne les possèdent pas
La société socialiste sera structurée par la propriété collective des moyens de production essentiels, structurée par l’intérêt général, et par une logique de services publics.
Donner des objectifs concrets à un programme des communistes.
Cet objectif global de changement de société ne pourra avoir lieu sans de massives luttes populaires, nourries de la conviction des majorités vivant de leur travail : une conviction qui ne peut être construite que par les organisations communistes, par des luttes obstinées sur la base d’un programme concret, de mieux-être collectif, de libertés individuelles, dans la paix et l’égalité entre les peuples et les citoyens, hommes et femmes.
Au passage, nous devons nous débarrasser d’une idée fausse fort répandue parmi nous ces dernières années, prétendant que les dérives opportunismes qui tuèrent le PCF, étaient la conséquence du « Programme Commun de Gouvernement de la Gauche ». En fait, à l’inverse, ce sérieux effort de réflexion sur les luttes pour une société plus juste, largement inspiré par les militants communistes de l’époque, doit demeurer une source d’inspiration malgré ses lacunes : Il a surtout souffert d’ère inappliqué, mis au rencard dès l’élection de 1981 acquise.
Nous devons rebâtir des objectifs concrets de luttes, répondant aux aspirations des travailleurs du XXIème siècle. On peut les sérier en quelques têtes de chapitre :
1/ briser l’emprise des grandes sociétés capitalistes,
Françaises et multinationales, pour redonner à la nation la maitrise de ses choix économiques, sociaux et idéologiques.
Pour cela, il faut revenir sur les multiples processus de privatisation (SNCF, RATP, hôpitaux, énergie, etc.), et reprendre les nationalisations, appropriations légales par la collectivité nationale des grandes activités productrices (banques, industries, transports, etc.). Ces Nationalisations, sur le modèle de celles de 1945, sont le seul moyen de donner aux représentants de la Nation le contrôle des investissements nécessaires pour reconstruire le tissu industriel productif (vêtements, métallurgie, automobiles, alimentation, médicaments, etc.).
C’est aussi le seul moyen de défendre l’indépendance nationale, aujourd’hui déconstruite par l’invasion massive d’importations et l’emprise du Capitalisme impérialiste (des GAFAM sur les réseaux informatiques, à la récente prise en main des magasins Grand Frais par une société financière Étatsunienne).
Un objectif suffisamment vital pour justifier la réquisition autoritaire de certaines sociétés capitalistes pour menées antinationales, comme en 1945.
2 / Reconstruire les services publics et démocratiser les institutions publiques.
Cela seul permettra de revivifier les divers Services publics, de Santé, de l’Énergie, des transports, d’Éducation, de Sécurité publique, de Justice, etc…, en déshérence depuis des décennies. Des Services publics enfin au bénéfice de l’ensemble de ceux qui n’ont pour vivre que le rapport de leur travail, contrôlés par les représentants des salariés et des usagers, dans un objectif d’intérêt national définir par les Élus nationaux, reposant sur les données de protection écologique de l’environnement, les objectifs de paix et d’échanges égalitaires entre les peuples.
Cela devra s’insérer dans une nouvelle organisation constitutionnelle, réellement républicaine et non plus monarchique, ce qui est le cas depuis 1958.
La démocratie politique doit reposer sur le suffrage universel, désignant des Élus nationaux et locaux, révocables par leurs mandants s’ils ne respectent pas les engagements pris devant les citoyens. Et cette nouvelle Constitution républicaine devra inclure une véritable Décentralisation, donnant aux Communes et Départements, plus proches des milieux populaires que les hauts fonctionnaires parisiens, des prérogatives supplémentaires, et les moyens financiers de les mettre en œuvre.
Dans cette optique de renouveau de la Démocratie française, notre pays doit se débarrasser de son allégeance à ces machines de guerre antinationales que sont l’OTAN, l’Union Européenne, et les accords invasifs de libre-échange qui découlent de l’idéologie ultra-libérale, comme le Mercosur.
3 / Financer les services publics, et favoriser l’égalité sociale par la fiscalité.
Le budget de l’État et des Collectivités locales assurant le fonctionnement des Services publics, devra reposer sur une réforme profonde de la fiscalité, établissant l’équité entre les contribuables, par une lutte sans merci contre l’évasion fiscale organisée par les Capitaliste et un alourdissement conséquent de l’impôt sur les fortunes et les patrimoines de la grande bourgeoisie française.
Cela seul peut permettre d’apurer la dette nationale, et de consolider les Services publics mis à mal. Dans ce but, il faut inverser les aides financières de l’ère macronienne, qui furent toujours au profit des plus riches.
4/ Créer un véritable service public d’information.
Bien sûr, nous devons exiger la nationalisation des médias audiovisuel, pour stopper l’emprise de politiciens milliardaires comme Bolloré au service des Droites extrêmes, CNews et BFM, LCI et France Dimanche. Mais il faudra aussi une profonde réforme des médias d’État, qui doivent être nettoyés du consensus belliciste et réactionnaire actuel, qui en fait un instrument de formatage des esprits. La mission des professionnels du Service public doit se limiter à informer des faits avérés, et à faciliter l’expression pluraliste des analyses et commentaires.
Le racisme allusif actuel qui consiste à gloser durant de longues minutes sur un fait divers criminel, en suggérant un lien avec l’appartenance ethnique ou culturelle des auteurs, doit tomber sous le coup de la loi, comme tous les propos discriminatoires, et cela sur l’ensemble des médias, chaînes télévisées ou réseaux sociaux. Il faut en finir avec la manipulation de l’opinion, cela doit être pour les Communistes une priorité.
Bien sûr, cette esquisse programmatique n’est qu’une contribution militante.
Un programme achevé ne pourra qu’être le fruit de la réflexion collective des Communistes.


Messages
1. Que faire ?
7 janvier, 14:08 - par Alain Chancogne
Bonjour ce texte de Francis mérite autre chose que de simples commentaires
Je ne partage pas l’essentiel
Que ce soit sur ce que je considère comme une sorte de redite de "le fascisme ne passera pas "
Et sur ce qui me semble très confus et très contestable de ce que sera le processus de construction d’un parti communiste qui ne saurait être je ne sais quelle FUSION de tout ce qui peut exister de" groupes"se réclamant du marxisme avec notre ASSOCIATION
Sans aucune référence au texte de Francis j’exposerai à nouveau sur ma page Facebook ce qui pour moi constitue un repère constant de tout ce qui a pu guider ma modeste participation que ce soit pour le texte qui appellait aux Assises du communisme, et plus tard dans ce qui a vu la naissance de notre ANc devenue URC...
Cordialement.
Meilleurs voeux a l’équipe de rédaction...
Alain Chancogne