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L’abattage des troupeaux est une aberration

lundi 15 décembre 2025 par Unité CGT/Confédération Paysanne/OK Podcast

Solidarité avec les travailleurs de l’agroalimentaire, les petits paysans et éleveurs face à la mafia Etat-Fnsea.
Hier, plus de 600 paysan·nes d’Ariège et du grand quart sud-ouest se sont mobilisé·es pour bloquer l’abattage d’un troupeau de 208 vaches sur une ferme située aux Bordes sur Arize. Dès la confirmation du cas de DNC mardi soir, c’est l’ensemble de la profession qui s’est mobilisé pour soutenir l’éleveur et s’opposer au massacre de ses vaches.

⚫ La crise agricole en France connaît un regain de tension depuis plusieurs semaines, près de deux ans après les grandes mobilisations de 2024.
Ces derniers jours ont été particulièrement marqués par des appels déterminés et répétés à la mobilisation et aux blocages de routes. Depuis le 11 décembre, des manifestations et blocages se multiplient : autoroutes coupées (A64, A9, A61), ronds-points occupés, pneus brûlés, déchets déversés, et affrontements avec les forces de l’ordre en Ariège. Des actions ont eu lieu dans le Gers, les Landes, la Haute-Garonne, le Finistère et ailleurs, avec une intersyndicale inédite mobilisant jusqu’à des milliers d’agriculteurs.
⚫ De quoi parle-t-on ?
Une maladie virale, la dermatose nodulaire contagieuse bovine, apparue en juin 2025 en Savoir s’est propagée dans neuf départements, principalement dans le Sud-Ouest, en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées et le Gers. Il suffit qu’un seul cas soit décelé et l’ensemble du troupeau est abattu. Or, cette maladie ne représente aucun danger pour l’être humain.
La stratégie gouvernementale d’abattage total des troupeaux infectés (plus de 3 000 bovins euthanasiés pour 110 foyers détectés) est très vivement contestée par la Confédération paysanne et la Coordination rurale. Ces derniers dénoncent une mesure destructrice qui entraine la ruine des petites exploitations, notamment familiales. Ces syndicats paysans appellent à une vaccination massive plutôt qu’à des abattages systématiques.
La Confédération paysanne appelle « à se mobiliser et à organiser des blocages partout en France », demande « la fin de l’abattage total », alors que la ministre a également annoncé l’élargissement de la zone de vaccination des animaux autour de deux foyers récents détectés dans le Sud-Ouest. "La gestion sanitaire choisie par le gouvernement et les dirigeants de la FNSEA est plus effrayante que la maladie elle-même. Vu le développement de la maladie et l’ampleur des mobilisations, il n’y aura pas d’autre issue » que « l’arrêt de l’abattage total », affirme le troisième syndicat agricole français dans son communiqué, appelant donc « à se mobiliser et à organiser des blocages partout en France pour en finir avec cette folie ».
"L’abatage des troupeaux est une aberration" a cinglé le Syndicat des Gardiens de Troupeaux CGT tandis que les Soulèvements de la Terre ont également appelé à la mobilisation, rappelant que la ministre "Annie Genevard, de concert avec les vétérinaires et les dirigeants de la FNSEA refuse d’entendre la détresse des éleveur-euses. Cette politique mortifère de gestion n’obéit qu’à la protection du sacro-saint statut indemne pour garantir l’export à l’international, au détriment de l’élevage paysan qui se retrouve une fois encore sacrifié sur l’autel du libéralisme économique."
⚫ Pourquoi l’Etat et la FNSEA refusent ils de changer d’approche ?
Le secteur agricole et ses acteurs, dominés par les grands groupes qui instrumentalisent la corporation, sont prisonniers de leurs contradictions. Ainsi, la stratégie d’abattage massif n’a pour unique fonction - outre la nécessaire prévention minimale - que de garantir le maintien, "quoi qu’il en coûte" du statut indemne, c’est à dire de l’autorisation d’exportation.
Or, une vaccination massive des cheptels entrainerait mécaniquement le retrait de ce statut. Une mesure inacceptable pour le richissime patronat agricole et son lobby mafieux de la FNSEA. Bien plus, cette crise s’inscrit dans un contexte dramatique pour les petits paysans : revenus en baisse, concurrence intenable (notamment via l’accord UE-Mercosur redouté), vieillissement des exploitants et risque d’un déficit commercial agroalimentaire historique en 2025.
⚫ Et les travailleurs de l’agroalimentaire ?
Dans un communiqué, le Syndicat des Gardiens de Troupeaux CGT, affilié à la Fédération nationale Agroalimentaire Forestière CGT, a salué la mobilisation, rappelant que c’est bien "ce système [qui] est responsable de la crise sanitaire que traverse l’élevage."
📌 Pour le SGT-CGT, "Les abattages sans discernement se poursuivent pour sauvegarder les intérêts des grandes filières qui concentrent toujours plus les cheptels, alors que des alternatives ont été proposées pour endiguer la maladie, comme par exemple l’euthanasie uniquement limitée aux animaux malades, avec vaccination, mise en quarantaine et suivi vétérinaire.".
📌 "Si l’objectif premier du secteur agricole est le profit et pas de nourrir l’ensemble de la population, comment s’étonner que les animaux soient traités comme de la matière première et non comme des êtres vivants méritant une vie et une mort digne ?", relève le syndicat CGT, avant de poursuivre : "Nous ne sommes pas surpris qu’une production régie par les lois de la performance économique se soucie si peu de la vie. Les conditions de vie et de travail des salariés de la production agricoles témoignent aussi de cette réalité."
📌 Les syndicalistes CGT soulignent notamment que la défense des animaux doit être corrélé avec "la défense d’une production dirigée vers la satisfaction des besoins et non des profits." et qu’il faut donc "se battre contre les logiques de profit qui régissent notre travail." "Une autre agriculture est possible, affranchie des rapports de production capitalistes. S’extraire des logiques de profit et de l’exploitation humaine et animale est la condition sine qua non pour une agriculture qui respecte les vivants : humains et animaux.", affirme encore le SGT-CGT.

Appel à des blocages partout : la fin de l’abattage total ce doit être aujourd’hui !

Hier, plus de 600 paysan·nes d’Ariège et du grand quart sud-ouest se sont mobilisé·es pour bloquer l’abattage d’un troupeau de 208 vaches sur une ferme située aux Bordes sur Arize.

Dès la confirmation du cas de DNC mardi soir, c’est l’ensemble de la profession qui s’est mobilisé pour soutenir l’éleveur et s’opposer au massacre de ses vaches.

Ce cas de DNC est apparu à une centaine de kilomètre de la zone réglementé, c’est la preuve de l’inefficacité de cette politique sanitaire basée sur l’abattage total et une vaccination restreinte.

Comment la Ministre peut encore aujourd’hui prétendre que la maladie est « sous contrôle », alors qu’un nouveau cas vient d’être confirmé en Haute-Garonne !!

De plus, depuis plus d’un mois, la profession demandait l’élargissement de la vaccination pour l’ensemble des départements 09, 11 et 66. Cette demande consensuelle et responsable a essuyé un refus méprisant de la part du gouvernement appuyé par les dirigeants de la FNSEA*.
Ce refus est un coup de poignard dans le dos des éleveur·euses.

L’ensemble des syndicats agricoles locaux d’Ariège ainsi que les chambres d’agriculturesdes deux départements, Ariège et Haute-Garonne, se sont mis d’accord sur un nouveau protocole sanitaire qui a rapidement été proposé à l’État. Ce protocole avait pour but de suspendre l’abattage total et d’engager un protocole expérimental qui comprend notamment de la surveillance renforcée, un abattage ciblé des seuls animaux positifs à la DNC ainsi que l’élargissement de la vaccination.

Ce protocole qui constituait une sortie de crise vers le haut a été rejeté hier par le gouvernement qui s’entête dans sa stratégie… depuis 6 mois.

Cas après cas, les mobilisations pour refuser l’abattage total prennent de l’ampleur et permette ainsi d’instaurer le doute dans cette machine administrative froide et déconnectée des réalités du terrain.

Le bras de fer avec la Ministre de l’agriculture a bien été lancé et va s’intensifier dans les prochains jours avec les prochaines mobilisations et les blocages qui s’intensifient.

La gestion sanitaire choisie par le gouvernement et les dirigeants de la FNSEA* est plus effrayante que la maladie elle-même. Vu le développement de la maladie et l’ampleur des mobilisations, il n’y aura pas d’autre issue que de l’arrêt de l’abattage total.

La Confédération paysanne appelle donc à se mobiliser et à organiser des blocages partout en France pour en finir avec cette folie.

Honteux ! La cause réelle des abattages.


Voir en ligne : http://confederationpaysanne.fr/act...

   

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