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Après la “paix”, l’OTAN et les ultranationalistes de Kiev vont-ils poursuivre leur guerre hybride ?

vendredi 12 décembre 2025 par Andrea Zhok via Thomas Faz

Les leaders européens, bien que conscients de leur incapacité à défier Moscou, ne peuvent se résoudre à envisager la paix. Pour von der Leyen et Kallas, “tant qu’il y a la guerre, il y a de l’espoir”.

La fin officielle de la guerre en Ukraine ne mettra pas un terme au conflit, car ce qui nous attend, c’est l’émergence d’une alliance entre ultranationalistes ukrainiens et militarisme européen.

En un mois, l’armée russe a conquis 505 km2 de territoire, une avancée modeste pour un pays aussi vaste que l’Ukraine, mais qui marque une nette accélération comparée aux mois précédents.

L’omniprésence des drones entrave toute avancée rapide avec des chars et des blindés, mais ce qui a été conquis sera très difficile à reprendre.

Les signes du déclin des capacités opérationnelles de l’Ukraine sur le front sont indéniables, mais l’issue du conflit tarde à se profiler.

Depuis le front, certains commandants ukrainiens ont informé Zelensky de leur intention de ne pas appliquer un éventuel accord de retrait du Donbass. Dans un conflit moderne, une telle déclaration est bien sûr plus symbolique que réelle, car si les approvisionnements sont coupés, le front s’effondrera en quelques semaines.

Il suffirait d’ailleurs que les États-Unis interrompent la fourniture de données satellitaires et du renseignement, comme ils ont déjà menacé de le faire, pour que le front se disloque.

Finalement, malgré la présence d’éléments nationalistes radicaux au sein des forces armées ukrainiennes, la décision de poursuivre la guerre ou d’accepter une défaite honorable revient aux dirigeants politiques.

Tout porte à croire que le conflit russo-ukrainien entre dans sa phase finale et qu’il se conclura officiellement entre le printemps et l’été. Mais cette conclusion — et c’est là que réside le principal dilemme — ne marquera pas pour autant la fin du conflit.

Ce qui nous attend, c’est une alliance structurelle à long terme entre les éléments radicaux des forces ukrainiennes et le militarisme européen.

En Ukraine, ces radicaux interpréteront tout accord de paix sous l’angle de la “Dolchstosslegende”, cette légende du “coup de poignard dans le dos” qui a alimenté la rancœur des vétérans allemands après la Première Guerre mondiale.
Ce récit, selon lequel la guerre n’a pas été perdue sur le champ de bataille, mais à cause d’une trahison politique à l’arrière, a favorisé l’émergence de mouvements paramilitaires en Allemagne dans les années 1920, à l’origine des Sturmabteilungen [sections d’assaut], l’organisation paramilitaire d’Adolf Hitler, et de la montée en puissance du parti nazi.

Les dirigeants européens, bien que conscients de leur incapacité à affronter Moscou dans un conflit militaire direct, ne peuvent se résoudre à envisager la paix. Pour von der Leyen et Kallas, “tant qu’il y a la guerre, il y a de l’espoir”, pour reprendre les propos d’un film d’Alberto Sordi. Tant que le discours absurde “un agresseur et une victime — nous n’avions pas le choix” restera d’actualité, les choix politiques désastreux de l’Europe ne seront pas remis en question.

Ce qui nous attend ressemble à une guerre hybride permanente, où les paramilitaires ukrainiens constitueront une partie des effectifs, tandis que l’Europe fournira les technologies et les fonds nécessaires.
Au programme : sabotage, actes terroristes, cyberguerre, etc. – toutes ces menaces étant imputables à un « déni plausible », souvent identique aux dysfonctionnements habituels, et nous condamnent à subir une guerre sans bombardements, mais de longue haleine.
Ne nous berçons pas d’illusions : l’Europe n’affaiblira pas la Russie grâce à l’Ukraine sans risquer une riposte.

Malheureusement, c’est le scénario le plus probable, qui se traduira par des détournements croissants des ressources publiques pour financer l’industrie paramilitaire de nos alliés, assorti de nouvelles restrictions des libertés d’expression, de pensée et d’opinion en Europe.

La menace russe va devenir une rengaine permanente et, au nom des impératifs suprêmes de défense, le rêve néolibéral de longue date s’accomplira dans sa forme la plus aboutie : une société d’esclaves mentalement et financièrement militarisée, au profit des nouveaux parrains financiers.

Même s’il est vrai que l’histoire n’est en rien prédéterminée, elle suit toutefois des tendances irréversibles. Si nous ne faisons pas barrage à ces tendances, elles pourraient s’avérer fatales tôt ou tard.

Traduit par Spirit of Free Speech


Voir en ligne : https://ssofidelis.substack.com/p/a...

   

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