Le Manifeste

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Être communiste au Venezuela

lundi 17 novembre 2025 par Maurice Lemoine

Est-on désormais sorti de la « guerre hybride » – ce type de conflit en « zone grise » qui déstabilise un pays par l’étranglement économique, les cyber-attaques, les intrusions de groupes mercenaires, le sabotage d’infrastructures, l’ingérence électorale et moult autres outils, à commencer par la désinformation ?

La pression de Washington sur Caracas atteint un sommet inégalé jusque-là. En déployant depuis deux mois une imposante flotte navale dans les Caraïbes, face aux côtes de la République bolivarienne du Venezuela, le Pentagone est allé jusqu’à annoncer la mobilisation du « Gerald R. Ford », le plus monumental de ses porte-avions.

Qui, devant un arsenal aussi disproportionné, peut croire à la fable de la campagne contre le trafic de drogue ? Quelle que soit la forme de son dénouement, l’opération ne poursuit qu’un seul objectif : un « changement de régime » au Venezuela ; le renversement ou l’élimination de Nicolás Maduro, rebaptisé « narco-dictateur » par Donald Trump. C’est un processus progressif, mais chaque pas semble irréversible.

« La prochaine étape, c’est l’opération terrestre », a menacé le despote étatsunien, alors que la destruction en mer d’une quinzaine d’embarcations – pour un solde de l’ordre de 75 morts – était en cours, sans que ne soit apportée aucune preuve tangible de leur implication dans le « narcotrafic ». Ce qui, de toute façon, n’octroierait aucun droit de vie ou de mort à quiconque sur ces éventuels délinquants.

Trump a estimé ne pas avoir besoin d’un accord du Congrès pour valider des opérations militaires ou menées clandestinement par la CIA contre le Venezuela ou d’autres pays (rajoutant dans son collimateur la Colombie et son président de gauche Gustavo Petro). En Amérique latine, les gouvernements inféodés au Bureau ovale – Argentine, Equateur, Paraguay, Pérou, Salvador, Trinidad et Tobago, etc. – applaudissent plus ou moins discrètement.

En France, d’Emmanuel Macron à Raphaël Glucksmann, la droite a fait implicitement de même en félicitant l’extrémiste vénézuélienne María Corina Machado, partisane d’un bombardement de son propre pays, pour son récent « Prix Nobel de la Paix » [1].

La gauche « latina » connaît ses classiques.
Au prix de dizaines de milliers de victimes, elle a suffisamment subi les agressions de Washington pour comprendre la nature de ce qui se profile on ne peut plus ouvertement. De La Havane à Bogotá, cette gauche sonne le tocsin.
Malgré son désir de ne pas entrer dans une relation conflictuelle avec Washington, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum critique publiquement le déploiement militaire américain. Puissance régionale très modérée, le Brésil a fait savoir qu’il « s’oppose clairement à une intervention extérieure » qui « pourrait enflammer l’Amérique du Sud et conduire à une radicalisation politique dans tout le continent. »

En mode plus militant et évoquant la Guerre d’Espagne, le puissant Mouvement des sans terre brésilien (MST) annonce la création de Brigades internationales si devait se produire une intervention militaire US au Venezuela.
Au Chili, l’éventuelle Brigade internationaliste solidaire a par avance été baptisée « Ramón Allende Garcés ». Arrière-grand-père de Salvador Allende, ce dernier lutta aux côtés de Simón Bolivar lors des batailles de Boyacá (1819) et de Carabobo, laquelle, en 1822, consacra l’indépendance du Venezuela (alors intégré à la Grande Colombie avec l’Equateur, le Panama et la Colombie) [2].

En Europe en général et en France en particulier, la gauche, courageusement… détourne les yeux. Tout en manifestant un « anti-impérialisme » aussi rituel que routinier, l’extrême-gauche « anarcho-trotskisante » s’est donnée pour tâche principale de casser les solidarités sur la base d’un « ni Trump ni Maduro » digne de l’hypocrite « en même temps » macronnien.

Une ligne hostile à la Révolution bolivarienne sur laquelle, depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, le Parti socialiste (PS) l’avait précédée. Fussent-ils catalogués « progressistes », les universitaires et autres docteurs en sciences politiques en mal de reconnaissance institutionnelle entendent demeurer « médiatico-compatibles ».
Pour ce faire, ils s’alignent devant les micros sur la doxa dominante – et la confortent, s’il en était besoin.

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[1Lire « Le Père Nobel est une ordure » (14 octobre 2025) – https://www.medelu.org/Le-Pere-Nobel-est-une-ordure-3110

[2Lire Thierry Deronne, « Au Venezuela, Marx rencontre la commune, Bolivar… et la Guerre d’Espagne » (26 octobre 2025) – https://venezuelainfos.wordpress.com/2025/10/26/au-venezuela-marx-rencontre-la-commune-bolivar-et-la-guerre-despagne/

   

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