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Le naufrage des médias dit de « service public"

dimanche 16 novembre 2025 par François Bougon (Médiapart)

Le service public français se targue de lutter contre la désinformation, à coups de fact checkings et d’émissions consacrées à rétablir la vérité des faits. Ses chaînes et radios en font un argument pour justifier leur existence dans le paysage médiatique.

La correction est magistrale - Manuel Bompard VS Alix Bouilhaguet

Ces derniers temps, l’audiovisuel public a fait étalage de sa capacité à propager les infox sans aucune vérification élémentaire.

La récente campagne municipale de New York et la victoire du candidat démocrate Zohran Mamdani en ont été une illustration. Passons sur un bandeau au journal de 20 heures de France 2 qualifiant Mamdani de « provocateur » – on se demande bien pourquoi –, mais l’épisode le plus pathétique a été la prestation d’une journaliste de France Télévisions à l’émission de France Inter, « Questions politiques », diffusée également sur Franceinfo.

Une des journalistes, Alix Bouilhaguet, a réussi, en posant des questions à l’un des responsables de LFI, Manuel Bompard, à aligner en peu de temps trois fausses informations : Zohran Mamdani « a repris en son temps le slogan “Mondialiser l’Intifada” », il n’a pas condamné le 7-Octobre, et l’agence onusienne, l’UNRWA, est « accusée de collusion avec le Hamas ».

Il aura fallu deux jours pour que Radio France et France Télévisions publie un correctif sur le site de l’émission. Alix Bouilhaguet, de son côté, ne s’est pas exprimée. On aimerait pourtant comprendre comment une journaliste d’un service public qui proclame vouloir défendre la vérité peut colporter de telles contrevérités.

Peut-être faut-il chercher du côté de ce que Fabien Escalona appelle « la peur du grand méchant Mamdani ». Comme il le souligne, cette diabolisation « renseigne surtout sur la propension de personnalités qui tiennent régulièrement le crachoir médiatique et se réclament d’un centre bon teint, voire d’une gauche modérée ou “républicaine”, à recycler, contre une “autre” gauche qu’ils n’apprécient pas, des angles d’attaque forgés à l’extrême droite ».

Cet épisode en dit aussi beaucoup sur ces journalistes qui, par idéologie, ignorance ou paresse, en oublient la plus élémentaire mission de leur métier : raconter le réel et dire la vérité.

   

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