Le Manifeste

Un point de vue communiste sur l’actualité nationale et internationale

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Point sur la situation du Mali

jeudi 6 novembre 2025 par Transmis par Francis Arzalier

Les lecteurs du site le Manifeste trouveront dans cette analyse d’un citoyen malien bien informé et attaché à l’indépendance nationale du Mali depuis les luttes anti coloniales de Modibo Keita, une meilleure connaissance de la réalité malienne.
Même si nous ne partageons pas toutes ses formulations, nous devions le publier, parce que nous sommes solidaires des volontés « souverainistes » du peule malien, qui ne pourront aboutir que si elles s’appuient sur les volontés citoyennes et démocratiques, qui ne peuvent se limiter à un diktat militaire.
Francis Arzalier, historien et militant communiste, fut responsable durant deux décennies de la revue « AUJOURDHUI L’AFRIQUE ».

I. Bref rappel des événements récents

I.1 Les causes du renversement du Président élu, Ibrahim Boubacar Keita, au mois d’août 2020

• Atteintes au processus démocratique : Instrumentalisation de la justice (Cour suprême et Cour constitutionnelle) pour assurer la réélection du président en 2018 et couvrir les irrégularités des élections législatives de 2020.
• Incapacité du Président à gérer correctement le pays
• Abus économiques et enrichissement illicite de proches du pouvoir.
• Non résolution véritable de la question du Nord malgré l’Accord dit d’Alger de mai et juin 2015.
• Mécontentement populaire grandissant et manifestations de plus en plus importantes tout au long de l’année 2020.
• Acte répressif entrainant plusieurs victimes en juillet 2020.
• Le Président refuse les compromis à sa portée et est finalement arrêté le 18 août 2020.
• Un groupe de militaires prend le pouvoir.

I.2 Le régime militaire et l’effacement progressif des institutions démocratiques au Mali depuis 2020

Dès le début la junte militaire arrivée au pouvoir annonce une période de transition devant conduire à des élections avec l’objectif d’un Mali nouveau (“Mali Koura”) exempt des turpitudes et abus du régime précédent et assurant développement et bonne gouvernance.

Cependant, et contrairement aux militaires qui avaient pris le pouvoir en 1991, la junte se démarque immédiatement du mouvement populaire (partis, associations, religieux...) qui avait provoqué l’ébranlement du régime IBK puis sa chute.
Mais, pour éviter de longues sanctions internationales, ils acceptent le principe d’une transition gérée par des civils sous leur contrôle.

Un président de transition (ancien militaire revenu à la vie civile) et un Premier ministre sont désignés par la junte et un gouvernement est nommé.
L’Assemblée nationale est dissoute.
Durant cette période d’un peu moins d’une année en définitive une apparence de pouvoir civil demeure donc mais des dissensions importantes se font jour entre la Présidence de la Transition et la junte.

Ces dissensions culminent au mois de mai 2021 avec l’arrestation, au terme d’un second coup d’État du Président et du Premier Ministre de la Transition.
La junte nommera un peu plus tard un nouveau Premier Ministre (Choguel Maïga) qui exercera ses fonctions jusqu’à la fin de l’année 2024 malgré quelques mois d’absence pour raisons de santé.

Depuis ce second coup d’État, le Mali est dirigé de main de fer par la junte qui a progressivement démantelé ou placé sous sa botte les autres institutions de la République (Assemblée Nationale, collectivités locales ou régionales, Justice, Haute Autorité de la Communication...).

Les partis politiques (même ceux qui avaient été le fer de lance du changement en 2020), des autorités religieuses sont réprimés puis suspendus et aucune véritable opposition ne peut s’exprimer librement. Plusieurs leaders politiques sont incarcérés dont récemment l’ancien Premier Ministre Moussa Mara, condamné à deux ans de prison dont un avec sursis. Des leaders religieux importants quittent le pays, notamment l’imam Dicko, réfugié en Algérie.
La presse est muselée et des journalistes menacés.

Une nouvelle constitution, favorable à la junte, est adoptée en 2023.
Rappelons qu’aucun des actes juridiques de la junte n’est légal puisque les autorités en place (Président, Conseil National de Transition dont tous les membres ont été nommés individuellement par le chef de la junte,...) n’ont fait l’objet d’aucun processus de validation électoral.

La junte, pour des motifs divers et variés, a d’abord repoussé régulièrement l’échéance de la période de transition et la tenue des élections de quelque niveau que ce soit. Ces reports successifs expliquent le retrait du Mali de la CEDEAO, motivé seulement par la crainte de nouvelles sanctions.
L’appellation “Transition”, donnée à ce régime n’a désormais plus aucun sens depuis les plus récentes décisions accordant au chef de la junte un mandat de cinq ans “renouvelable” !

Il s’agit bien d’une dictature militaire relayée par une apparence de pouvoir législatif.

À la différence de la dictature de Moussa Traoré, qui s’appuyait dans ses dernières années sur “son” parti, unique, l’UDPM, la junte n’a pas cherché pour l’instant à générer une structure politique de soutien propre.

I.3 La vague populiste souverainiste

La junte militaire a indéniablement, à ses débuts, bénéficié d’un fort soutien populaire.
En effet, malgré des réformes institutionnelles importantes et le développement des infrastructures à l’intérieur du pays, aucun des régimes maliens depuis l’indépendance en 1960 n’a durablement apporté un essor économique suffisant susceptible de répondre aux attentes de la population, notamment de sa frange jeune (65 % de moins de 20 ans au Mali).

Celles-ci ont cru un moment au multipartisme et à l’alternance mais les résultats n’ont pas été au rendez-vous. La croissance économique (autour de 5% par an) n’a jamais été non plus à proportion des besoins générés par la considérable croissance démographique du pays (plus de 3% par an). Elle s’est aussi accompagnée d’un développement croissant des inégalités, de la corruption (y compris de la classe politique) et de la mauvaise gouvernance.

Aussi, quand la junte a en 2020 renversé le régime démocratique, beaucoup ont cru que la gestion militaire pourrait apporter plus de rigueur et d’honnêteté et une bonne gouvernance et aussi que ces militaires allaient apporter la sécurité aux populations, leur objectif annoncé étant un Mali nouveau (“Mali Koura”) passant notamment par le recouvrement de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du pays mise en cause par les rébellions Touaregs et les menées djihadistes.

A cela s’est ajoutée, habilement, à partir de 2021, la revendication souverainiste de la junte vis à vis de l’ancienne puissance coloniale et de toutes les institutions internationales jugées néocoloniales.

Le 25 septembre 2021, le discours de New York du Premier Ministre Choguel Maïga, très virulent et insultant à l’égard de la France, a été le point de départ des campagnes souverainiste et anticoloniale menées depuis lors par la junte se traduisant par des décisions et actes très concrets :
• Rupture politique avec la France (exacerbée par l’arrogance des réponses françaises) entrainant entre autres le départ des militaires français du Mali, la suspension de l’aide française, l’expulsion de l’Ambassadeur, l’interruption réciproque de la délivrance des visas...
• Rupture politique avec les pays et institutions de la sous-région suspects de connivence avec la France et de complot contre le Mali (Côte d’Ivoire, CEDEAO, G5 Sahel...).
• Rupture politique avec les Nations-Unies et expulsion de la MINUSMA.
• Plus récemment rupture politique avec l’Algérie au motif du supposé soutien de celle-ci aux mouvements rebelles dans le Nord du pays.

Ce positionnement “souverainiste” a été très largement conforté par le basculement majeur du Mali vers la Russie et aussi par la prise de pouvoir par les militaires dans les pays voisins du Burkina Faso et du Niger, ces trois dictatures s’entendant pour quitter la CEDEAO et créer une Alliance des États du Sahel (AES) théoriquement Confédération mais aujourd’hui plutôt alliance de sécurité et de défense.

La clé de l’alliance avec la Russie c’est évidemment le considérable flux d’équipements militaires provenant de ce pays et la mise à disposition de la milice mercenaire sanguinaire Wagner, aujourd’hui Africa Corps, pour les basses œuvres au Nord et au Centre du Mali.

Pour la Russie, c’est l’affirmation d’une présence politique dans une zone africaine sensible, la vente de matériels militaires, et des intérêts miniers,...

II. Les conflits toujours non résolus du Nord et du Centre du Mali

Pendant que tout ceci se passe à Bamako, le territoire malien, dans ses parties Nord et Centre est le théâtre de multiples opérations armées mettant aux prises les forces armées (FAMA/Africa Corps), les différents mouvements rebelles d’obédience touareg et arabe, des mouvements djihadistes (AQMI et État Islamique) et des milices d’autodéfense (dogon, bambara, peuls).

II.1. Le conflit “touareg”

Les rébellions touareg et arabes du Nord du Mali sont un phénomène récurrent depuis l’époque coloniale.
L’aspiration de ces populations à ne pas subir les exactions des agents de l’État, civils ou militaires, à exercer une part du pouvoir politique sous la forme décentralisée et à voir développer leurs régions sont des revendications constantes qui, non satisfaites, ont conduit à plusieurs processus de rébellion armée.

Le dernier en date, entamé au début de l’année 2012, n’a pas connu d’issue positive à ce jour.
Pourtant un Accord de paix et réconciliation au Mali (APR), dit Accord d’Alger, avait été signé en 2015 et connu un partiel début d’application avant l’arrivée de la junte au pouvoir.

Mais l’opposition de la junte à une régionalisation poussée du Mali et surtout, irritant principal, son rejet viscéral de l’intégration des ex-combattants rebelles dans les forces de sécurité maliennes l’ont conduite à bloquer l’application de l’accord.

On aurait pu penser que le renforcement concomitant des positions militaires dans le pays aurait facilité l’engagement de nouvelles négociations avec les divers mouvements rebelles pour une relecture de l’accord réclamée par la population et les partis politiques mais c’est l’inverse qui s’est produit puisqu’en juillet 2023 la junte a unilatéralement dénoncé l’accord.

Aujourd’hui certains groupes Touaregs dits loyalistes collaborent avec la junte.

D’autres se situent toujours en opposition armée (Front de Libération de l’Azaouad, FLA) même si beaucoup de leurs membres sont aujourd’hui hors du territoire malien (Algérie et Mauritanie principalement).
Mais, depuis l’arrivée de l’armée à Kidal en octobre 2023, il y a très peu d’opérations militaires mettant aux prises l’armée et les rebelles Touaregs dans le Nord. L’essentiel des affrontements sont ceux de l’armée et des djihadistes.

En réalité la poursuite des conflits et guerres est une aubaine pour les militaires au pouvoir à la fois en ce qu’elle leur permet de se maintenir et de renvoyer indéfiniment les élections et en ce qu’elle leur procure des dividendes politiques et financiers.

II.2 Le contrôle progressif des zones rurales par les mouvements djihadistes

Par la violence et force physique mais aussi par le prêche, deux mouvements djihadistes sont désormais présents sur la quasi-totalité des espaces ruraux du Mali : l’EIGS/DAESH dans la zone d’Ansongo/Menaka et l’AQMI/JNIM sur le reste du territoire.
Ces deux mouvements sont en conflit religieux mais surtout d’occupation territoriale et de contrôle des trafics lucratifs et illicites (drogue, armes, migrants, médicaments...) mais ne connaissent pas d’affrontements véritables.

Leur présence est diffuse, parfois non permanente mais suffisamment forte pour réduire voire éliminer l’administration de ces zones et les forces de sécurité, quels que soient leur nombre et leur équipement, ne parviennent pas à circonvenir ces mouvements.
Le résultat est que dans beaucoup de ces zones les populations et notables locaux sont contraints de négocier et conclure des accords locaux avec les djihadistes pour assurer leur sécurité et pouvoir s’adonner à leurs activités économiques de subsistance.

Les conditions mises par les djihadistes (religieuses, vestimentaires, scolaires, juridiques, financières) s’inspirent de la charia mais sont parfois d’autant plus acceptées par les villageois ou nomades que celles-ci souffraient fortement des abus de l’administration et de la justice étatique, de l’absence des services sociaux et des exactions économiques.

II.3 Bilan des conflits

Le bilan humain est considérable : des centaines de civils ont été victimes des violences simultanées des FAMA/Wagner et des groupes djihadistes.
Plusieurs centaines de milliers de maliens du Nord et du Centre ont fui les combats et les exactions des forces armées tous groupes confondus.
Environ 300 000 réfugiés maliens originaires des régions de Tombouctou, Taoudenni, Mopti et Ségou résident en Mauritanie, dont environ la moitié dans des camps.

Aujourd’hui il n’existe aucune perspective de paix pour aucun de ces conflits.

La junte, calfeutrée à Bamako sous la protection russe, continue à nier l’extrême gravité de la situation sécuritaire et invoque vainement “la montée en puissance de l’armée malienne”. L’armée malienne a repris position dans plusieurs localités des régions du Nord mais est largement statique.

Les djihadistes progressent désormais sur toute l’étendue du territoire, assurant par exemple aujourd’hui le blocus en carburant de Bamako mais sans pouvoir pour autant conquérir les villes.

Le mot de “négociation” circule, surtout depuis le blocus de Bamako mais aucun processus n’est engagé publiquement au niveau national.

En revanche, au niveau local de multiples accords sont conclus sous la contrainte entre notables villageois et nomades et les groupes djihadistes présents (parfois il faut le souligner avec l’entremise d’ONG et l’assentiment tacite de la sécurité militaire). Ces accords se concluent en général par un échange de la sécurité des populations locales et la liberté retrouvée de cultiver, élever et commercer contre de nombreuses concessions (tenues vestimentaires, contenu des prêches, non collaboration avec les forces armées, application de la justice islamique, non mixité de l’école, paiement de la “zakhat” en espèces ou en nature).

Sur quelles bases pourraient aujourd’hui s’engager des processus de négociation au niveau de l’État sur les deux conflits en cours ?

Pour la rébellion touareg, la base de négociation existe : ce serait la “relecture” de l’APR (Accord dit d’Alger) auquel les rebelles touareg se réfèrent toujours et qu’ils n’ont jamais dénoncé. Mais cela supposerait que la junte revienne sur sa propre dénonciation et accepte la relecture, ce qui n’est pas le cas actuellement malgré toutes les résolutions en ce sens des différentes concertations nationales.
Cela supposerait aussi que la junte abandonne son attitude agressive et injurieuse à l’égard de l’Algérie qui pourrait à nouveau faciliter le processus de négociation.

Pour la négociation éventuelle avec les groupes djihadistes la situation est beaucoup plus compliquée. En premier lieu parce qu’il existe deux mouvances djihadistes différentes n’ayant pas les mêmes objectifs et méthodes. Il paraît exclu qu’un dialogue puisse s’instaurer entre la junte et l’EIGS, intégré dans la nébuleuse DAESH.

En revanche le JNIM est aujourd’hui largement composé de maliens de toutes origines et s’est presque complètement affranchi de la “maison mère” algérienne, aujourd’hui réduite à très peu de choses. Une négociation “entre maliens” serait donc théoriquement possible mais, second problème, sur quelles bases ?

On peut supposer que les revendications du JNIM seraient globalement celles qui sont satisfaites dans les accords conclus localement. Traduites au niveau national elles signifieraient probablement l’abandon par l’État malien du principe de laïcité, la promotion de l’islam comme religion d’État et de la charia comme corps juridique, la reconnaissance des partis d’obédience religieuse, la démilitarisation d’une partie du territoire, la remise en cause de l’égalité Hommes-femmes et des acquis légaux de celles-ci, la non-mixité de l’enseignement.

Autant de concessions que les Maliens auraient évidemment beaucoup de mal à accepter telles quelles. Mais ici pourraient intervenir “en médiation” des leaders religieux maliens se substituant en quelque sorte à la classe politique aujourd’hui absente ou réprimée. Ces religieux, qui, depuis une trentaine d’années, influent de façon plus ou moins directe sur le champ politique et les décisions de l’État, pourraient alors avoir une carte importante à jouer .

Le refus actuel de la junte de lancer un processus de négociation repose bien entendu sur sa croyance à un renversement de la donne sécuritaire grâce à la “montée en puissance des FAMA” appuyées par la Russie et à une victoire sur les djihadistes.

Le proche avenir devrait apporter des enseignements sur la validité de cette stratégie qui supposerait cependant la poursuite voire l’extension de l’appui de la Russie dont il n’est pas certain qu’ils soient acquis.

III. L’économie défaillante et les finances exsangues

Plusieurs facteurs expliquent la dégradation de l’économie et des finances maliennes.

L’insécurité désormais généralisée à tout le territoire qui entrave les activités génératrices de revenus et décourage les investisseurs, la ponction financière considérable que l’effort de guerre opère sur les ressources de l’État et des particuliers au détriment de l’économie réelle, le non-paiement par l’État de ses créanciers, la diminution drastique des aides extérieures liée aux sanctions politiques de la politique répressive de la junte.

En ce qui concerne l’aide financière extérieure le coup pour les finances publiques de sa diminution a été très rude (environ 20 % du budget de l’État) et la tendance n’est pas à la reprise. C’est même l’inverse puisque plusieurs bailleurs de fonds qui étaient présents au Mali depuis longtemps s’en retirent physiquement ou suppriment totalement ou partiellement leur aide (en plus de la France, la Norvège, la Suède, le Danemark, le Luxembourg, la Suisse, les Pays-Bas et évidemment les USA qui ont démantelé l’USAID).

Pour les donateurs bilatéraux restent principalement l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Quant aux multilatéraux (Banque Mondiale, FMI, UE, BAD), ils ont arrêté leur aide budgétaire et maintenu a minima leurs aides projets. Le résultat est que nombreuses ONG ont dû stopper leurs activités déjà très impactées par l’insécurité.

Grâce à de très bonnes années pluviométriques l’économie malienne, qui demeure essentiellement dépendante de l’agriculture, affiche toujours une certaine résilience mais les circuits économiques sont aujourd’hui pénalisés par l’insécurité qui impacte les agriculteurs comme les éleveurs et le secteur économique urbain est très affecté par les coupures permanentes ou temporaires d’électricité depuis mai 2023 et, plus récemment, par la pénurie de carburant résultant des blocus djihadistes sur les villes, dont la capitale Bamako.

La dégradation de l’économie a évidemment des conséquences sur les finances publiques qui souffrent également de la diminution importante des aides extérieures et de la baisse des recettes minières engendrée par les contentieux parfois violents avec les compagnies minières étrangères.

L’État n’a d’autre choix que de recourir massivement, mais à des taux très élevés, au marché financier de l’UEMOA au prix d’une augmentation très importante de la dette du pays , le service de celle-ci engloutissant une part croissante du budget de l’État.

Quant à l’affectation des ressources budgétaires, elle se fait aujourd’hui au détriment des secteurs sociaux et économiques et au bénéfice du secteur de la défense et de la sécurité.

Le montant des crédits de ce dernier secteur a quasiment quadruplé en quatre ans pour atteindre aujourd’hui environ 35 % du budget de l’État. A l’inverse les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation, les travaux publics, les défenses d’intervention, les financements des collectivités locales ont chuté drastiquement.
Enfin, le non-respect, au nom du secret défense, des procédures budgétaires normales et des contrôles correspondants, l’opacité de la gestion des finances publiques, facilitent les détournements de fonds et la corruption qui bénéficient largement aux hiérarques militaires.

IV. Les perspectives politiques de retour à des institutions et des mœurs démocratiques sont aujourd’hui illusoires.

Néanmoins la dégradation rapide de la situation économique et l’extension de l’insécurité pourraient entrainer une réaction d’une partie de l’armée, la classe politique ayant été décimée et les populations craignant pour leur sûreté ou leur vie en cas de manifestations.

Mais la validité de ce scenario dépendra de l’attitude qu’adopteraient alors les éléments militaires russes présents à Bamako.

   

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