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À propos de la victoire électorale de l’AFD en Saxe-Anhalt
lundi 7 septembre 2026 par Francis Arzalier
Cette région de l’ancienne Allemagne de l’est, a vécu le 6 septembre des élections régionales qui ne manquent pas de signification, même si elle n’est pas celle qui nous conviendrait.
Les faits d’abord, qui peuvent inquiéter des Français considérant toujours l’extrême-droite allemande avec beaucoup de suspicion, rappelant un peu trop les crimes passés du nazisme, comme si les xénophobies criminelles n’avaient pas été mises en œuvre aussi par toutes les conquêtes coloniales, de l’Algérie française d’autrefois à la Palestine actuelle, et comme si la France actuelle ne connaissait pas de politiciens racistes et démagogues, de Le Pen-Bardella a Retailleau et autres…
L’AFD a raflé au scrutin du 6 septembre près de 45 pour cent des suffrages exprimés, alors que les votants sont près des trois quarts de l’électorat. Face à l’AFD en déferlante, les Conservateurs (sortants) s’effondrent à 17 pour cent, et les partis de « Gauche » paient leurs compromissions (les Verts et Die Linke ont moins de 8 pour cent chacun, les Sociaux-Démocrates 9).
Une victoire sans appel de l’Extrême-Droite, même si cela n’apporte pas à l’AFD la majorité absolue des députés au Parlement régional.
Décryptage d’un séisme électoral
On ne peut évidemment pas se réjouir de voir gagner des politiciens dont l’argument essentiel consiste à dévoyer le mécontentement des plus pauvres vers le racisme antimigrants. Mais on ne peut occulter le paradoxe idéologique de cet événement, résultant, selon tous les analystes sérieux, de la nostalgie massive en milieux populaires pour la défunte RDA, riche de services sociaux qui assuraient la vie quotidienne (dixit l’article du Monde du 6), alors que la réunification sous l’égide du Capitalisme occidental a supprimé de nombreux emplois industriels en Saxe.
D’autant que le gouvernement fédéral actuel aggrave la catastrophe sociale en surfant sur le bellicisme antirusse, avec l’objectif affirmé de refaire de l’Allemagne la première puissance militaire d’Europe, et en irrigant de milliards la guerre des Nationalistes Ukrainiens, au détriment des services publics d’outre-Rhin.
Ce « paradoxe allemand « est-il si spécifique ? Est-il si diffèrent des mécanismes de l’essor du RN en France, ou la bande à Macron et ses épigones télévisuels multiplient les appels à la guerre antirusse, ou des succès des extrêmes-droites trumpiennes en Amérique latine, sur fond de trahison des Social-Démocraties ?
Cela nous rappelle en tout cas à quel point les opinions publiques dans le monde capitaliste sont manipulées par les appareils médiatiques, au point de se jeter dans les bras de leurs pires ennemis de classe, à partir de revendications parfaitement justifiées, mais détournées vers la haine et la xénophobie.
Comment briserons-nous cet étau qui étouffe nos peuples ?


