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France 2026 : où sont passés les communistes ?

jeudi 3 septembre 2026 par Francis Arzalier

La campagne des élections présidentielles fait déjà rage dans les médias, les dizaines de candidats potentiels se répandent, des Droites aux centristes, des Écologistes aux Socialistes, de l’extrême Droite démagogue et raciste aux Melanchoniens de toutes obédiences. Un seul candidat potentiel est totalement ignoré, alors que le PCF en son dernier congrès a décidé par un vote qu’il en serait.
Il faudrait donc selon les Experts habilités par les petits écrans nous résigner à la réalité dont ils rêvent.

Il n’y aurait donc plus de Communistes en France ?

Nous sommes au regret de vous décevoir, et revendiquons le titre de Communistes, un mot qui sonne fier, face à votre univers méprisable de mensonges rétribués. Nous vous répondrons donc comme Galilee face à ses bourreaux ecclésiastiques, qui le pressaient de reconnaître la centralité de la Terre dans l’univers, comme affirmée par la Bible :

e pur si muove !
(Et pourtant elle (la terre) bouge (autour du soleil) !

Ceci étant, Il est temps pour nous, obstinément attachés à cet idéal, de faire le point sur nos capacités de transformer la société française, sans forfanterie gauchiste (« la France est prête pour passer au Socialisme-Communisme, sans étapes intermédiaires »), comme si ce cadeau de l’histoire pouvait accoucher de lui-même, en simple conséquence d’une logique historique, sans un immense mouvement populaire, impulsé par une cohorte de militants révolutionnaires, comme ce fut toujours le cas à chaque fois que notre nation engrangea des progrès sociaux et politiques essentiels, en 1789-93, 1848, 1936, 1945 et même 1968.

Depuis près de deux siècles, en France autant ou plus qu’ailleurs, cette cohorte militante révolutionnaire qui portait en elle l’aspiration aux conquêtes et sut convaincre les masses de travailleurs de les imposer par les luttes était celle des Communistes, rêveurs éveillés d’égalité entre les citoyens et d’une société de Services Publics au lieu des « eaux glacées du profit et de l’exploitation capitaliste »

Ces porteurs de rêves égalitaires, qui y crûrent si fort qu’ils réussirent épisodiquement à en convaincre la majorité vivant de son travail, comment se porte-t-elle aujourd’hui ? est-elle en capacité de redevenir ce moteur de l’histoire, en convaincant les citoyens vivant de leur travail et non de celui des autres, jusqu’à permettre le basculement social et politique nécessaire ?

Le PCF et son histoire

Durant plus d’un siècle, qui fut essentiellement le Vingtième, ce rôle d’initiateur aux luttes sociales fut tenu par le Parti Communiste Français, né en 1920 dans la foulée de la Révolution russe de 1917 et de l’URSS qu’elle avait enfantée. Et durant ce sulfureux siècle 20, parsemé de guerres impérialistes, de génocides effroyables, même s’il commit parfois des bévues comme tout acteur de l’histoire, le PCF remplit sa mission pédagogique et organisatrice des luttes de libération sociale, en 36 et 68 ; et de libération nationale en 43-45.
Et il fut même l’honneur de la classe ouvrière française, en s’opposant autant qu’il le pouvait aux sales guerres coloniales, menées au nom de notre peuple contre ceux d’Asie ou d’Afrique, et sut combattre résolument l’Impérialisme à direction Étatsunienne.

Puis vinrent les temps de naufrage de la fin de siècle, où se conjuguèrent la destruction suicidaire de l’URSS et celle de la classe ouvrière des grandes entreprises de France grâce aux délocalisations décidées par notre Bourgeoisie possédante.
Le tsunami ultra-libéral qui s’ensuivit dans tous les continents, réduisant les peuples occidentaux à des troupeaux manipulés au gré du Capital, amputés peu à peu de leurs levains révolutionnaires par nos dirigeants politiques et médiatiques (des Droites extrêmes et modérées et des sociaux- démocrates réunis).

Dans cette offensive contre-révolutionnaire sans précédent, le PCF s’est au cours du dernier tiers de siècle affaibli, puis « muté » en supplétif de la Social-Démocratie, pris en main qu’il était par des dirigeants carriéristes et électoralistes.

Au tournant des deux siècles, la « Mutation » fut achevée sous la houlette de Robert Hue et sa cohorte de bureaucrates, les yeux rivés sur les accords électoraux pérennisant leur emploi, et freinant de leur mieux les luttes sociales qu’ils avaient pour mission de susciter.
Dans cette optique, le PCF « muté » a perdu sa capacité militante, notamment en supprimant les cellules d’entreprises, la présence des Communistes sur les marchés, dans les rues et sur les murs, a disparu en quelques décennies.

A l’issue de son récent congrès, le PCF a publié en un tableau détaillé le nombre de ses militants par département, et de ceux d’entre eux qui ont participé au vote sur les orientations proposées par la direction.

Une image cruelle d’un parti qui fut très influent (il dépassait 700 000 adhérents en 1947), et a vécu une dégringolade historique. Le PCF annonce en 2026 37 288 adhérents, dont 24 608 ont pris part au vote sur les orientations, ce qui dénote l’attachement minimal à l’organisation.
Quarante fois moins qu’en 1947, alors que la population française a cru fortement (de 40,7 millions d’habitants à 68,6 en 2025).

Les chiffres sont encore plus cruels si on les analyse par départements. C’est ainsi que l’ancienne « banlieue rouge » de Seine Saint Denis, qui dépasse 1million 700 000 habitants n’annonce que 1653 adhérents (!), dont 1053 seulement ont voté, alors que la Lozère rurale et ses 70 000 résidents affiche 98 adhérents et 88 votants !
Dans la même banlieue parisienne, le Val d’Oise qui frôlait les 10 000 adhérents avant 1980, n’affiche plus que 453 adhérents, dont 282 ont voté !

Un constat que beaucoup diront d’un parti en voie de disparition.

Cependant, soyons clairs : les multiples groupes de militants attachés aux principes de base marxistes qui ont formé un essaim d’organisations résolument Communistes hors du PCF (URC, PRCF, PCRF, etc.) se comptent en centaines d’adhérents plus qu’en milliers, ce qui est tout de même moins que les 37 000 hommes et femmes qui se reconnaissent Communistes dans le PCF, quelle que soit la signification qu’ils donnent à ce sigle.

Une spécificité française ?

Faut-il le rappeler ?
Cette contre-révolution idéologique libérale balaie le monde entier, avec plus ou moins d’intensité, et les succès économiques et géopolitiques de la Chine et son Socialisme très spécifique n’y changent rien.

Un évident exemple actuel du grand vent de conservatisme social et politique dans le monde se déploie en Amérique latine, qui passait encore il y a 10 ans auprès des intellectuels européens pour le foyer des révolutions, de Che Guevara à Chavez. Or, depuis quelques années, les déboires électoraux des Gauches latino-américaines se succèdent, souvent au profit de l’extrême-droite inspirée par Trump, en Argentine et au Chili, en Bolivie et en Colombie, etc. Dans la foulée, l’enlèvement par les sicaires de Trump du chef d’état élu du Venezuela, qui n’a guère provoqué l’indignation du Monde, a transformé le pays qui fut celui de Chavez en colonie pétrolière des USA, avec la complicité d’une bonne partie des « élites » supposées « bolivariennes ».

Une reculade historique qui peaufine au profit de Trump l’asphyxie du Castrisme à Cuba …

On ne peut prédire si cette déferlante droitière va submerger le reste du sous-continent, du Brésil au Mexique, dans la période qui vient, mais on ne saurait occulter que ce basculement réactionnaire des opinions est dû en grande partie aux espoirs trahis par les Social-Démocraties : un phénomène similaire de celui qui en France a fait de millions de prolétaires exploités la pâture électorale du Rassemblement National.

Évidemment, ce flot contre-révolutionnaire n’a rien d’irrémédiable.

Notre rôle est de l’analyser, et de le combattre par autre chose que des incantations oratoires, en faisant appel à la raison des exploités trompés par tous les complices de l’exploitation capitaliste, RN, Droites, Centristes et Sociaux-Démocrates.
Rappelons à tous ceux qui l’ont occultée la première phrase de l’Internationale :

« Producteurs, sauvons-nous nous- mêmes, faisons seuls notre destin » !

Pour les présidentielles, dont nous ne saurions ignorer l’importance, nous ne pourrons juger les candidats que sur leur programme, sur les questions majeures réelles de la société française 2026 :

  • la destruction en cours des services publics et des retraites,
  • la fiscalité actuelle favorable aux capitalistes,
  • le bellicisme impérialiste US et Européen menaçant, etc…

Un choix par défaut, entre des postulants qui ne sont pas NOS candidats, mais plus ou moins dangereux pour notre Nation …

   

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