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L’Impérialisme au vingt-et-unième siècle
vendredi 8 mai 2026 par Francis Arzalier
La plupart d’entre nous connaissent et partagent les lumineuses analyses de Lénine dans son livre « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme « , écrit en 1916. Texte majeur actualisant pour le début du Vingtième siècle les analyses de Karl Marx, qui avait, lui, disséqué des 1848 les mécanismes de la société capitaliste, reposant sur l’inégalité fondamentale entre les possédants du Capital et la majorité prolétaire dont ils exploitent le travail.
La réflexion de Lénine expliquait comment les Étas Capitalistes étaient amenés par la logique de profit à exporter leurs capitaux pour mettre en valeur à leur profit les richesse de pays lointains, ce qui ne pouvait déboucher que sur les conquêtes coloniales concurrentes, et sur les guerres inter-impérialistes.
Ces conséquences néfastes du Capitalisme étaient déjà en 1916 en place avec les Empires coloniaux (britannique, français, allemand, etc.), et dans les effroyables tueries de la Première Guerre Mondiale. Cette analyse scientifique du réel d’une grande lucidité faisait du Marxisme l’idéologie révolutionnaire capable de transformer la société, comme l’a prouvé la Révolution Bolchevik en Russie en 1917, et sa justesse scientifique est intacte 110 ans plus tard.
Mais il serait maladroit pour des militants Communistes d’aujourd’hui de se limiter à psalmodier le texte de Lénine ou ceux de Marx, qui décryptaient la réalité de leur époque, il y a 110 ou 150 ans.
Le Marxisme est un outil scientifique vivant, pas une religion dogmatique. Elle doit s’assurer, à chaque époque nouvelle, de ce qui reste pérenne les analyses des « grands fondateurs » et des faits nouveaux décryptés depuis par d’autres penseurs et combattants qui l’ont enrichi, même en se trompant parfois ; Ainsi l’analyse marxiste de l’Impérialisme doit beaucoup à ceux qui l’ont observé et combattu au XXème siècle, du Cubain Castro au Chinois Mao et au Vietnamien Ho Chi Minh.
Pour ne citer qu’eux d’une liste très longue et qui s’allongera encore au fil des siècles.
Car c’est la réalité qui change et se transforme avec les ans, tout en conservant les héritages du passé. C’est le cas du Capitalisme et de l’Impérialisme son corollaire, toujours présents en 2026 dans leur réalité d’exploitation des humais et des peuples, leur volontés de conquêtes, de sujétion et des guerres, comme aux temps de Marx, Lénine ou l’oncle Ho.
La grande majorité des États du Globe, au Nord et au Sud, vivent en 2026 en économie capitaliste, qui génère le mécanisme Impérialiste pour les plus puissants d’entre eux, essentiellement Occidentaux. L’un des effets les plus visibles est la soixantaine de guerres dans le monde de 2026, qu’elles soient menées directement par les Impérialismes, Étatsunien, Israélien, ou « Européen », ou suscitées par eux, nourrie par eux de Ieurs armes et de leurs subsides, de l’Ukraine au Moyen-Orient, du Soudan au Congo, etc.
Inflexions de l’impérialisme au XXème siècle.
Mais au-delà de ces constantes, l’Impérialisme a profondément évolué depuis un siècle, générant deux grands massacres mondiaux successifs, accompagnés de bouleversements technologiques successifs, qui ont créé de nouveaux rapports de force, dans un chaos de conflits contre l’URSS et de guerres coloniales.
La mutation la plus marquante du siècle a été la mise place progressive de la domination mondiale des USA, des 1918, mais plus fort encore après 1945, notamment grâce à l’affaiblissement de impérialismes coloniaux d’Europe occidentale, grâce aux soulèvements des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique en quête d’indépendance nationale.
Ce qui a donné naissance à côté du Camp impérialiste au « Tiers-Monde », devenu aujourd’hui ce vaste conglomérat disparate (de l’Inde capitaliste et nationaliste aux dizaines de pays africains et Latino-Américains) qu’on dit, faute de mieux, « le Sud global ».
Le second événement fondamental dans l’histoire de l’Impérialisme au XXème siècle fut l’effondrement piteux, largement suicidaire, de l’URSS vers 1990, et, en conséquence inéluctable, l’affaiblissement dramatique des mouvements révolutionnaires et progressistes dans le monde.
Ce qui permit aux Bourgeoisies capitalistes de susciter une véritable contre-révolution idéologique « ultra-libérale », grâce à la maîtrise en leur faveur des innovations technologiques ( informatique et IA ) leur permettant de modeler les esprits dans le monde entier, notamment durant les premières décennies du XXIème siècle.
Mutations de l’impérialisme au XXIème siècle.
Ces bouleversements à l’Est de l’Europe étaient une victoire indéniable des Impérialismes, mais contrairement aux espoirs de ses idéologues, elle montra vite ses limites : les deux décennies du nouveau siècle ont vu s’établir un nouveau rapport de forces géopolitique, la croissance impressionnante de la Chine lui permettant de jouer chaque jour davantage les chefs de file du « Sud global » dans ses aspirations vers un monde entier « Multilatéralisées », pour échapper à l’emprise de l’Empire monétaire des USA ( grâce aux BRICS ), et à l’hégémonie militaire de la Maison Blanche et de l’OTAN, avec l’objectif d’assurer l’indépendance nationale.
Des aspirations, évidemment, qui provoquent la fureur des dirigeants impérialistes Étatsuniens et de leurs « allies-vassaux occidentaux », notamment Européens. Dans ce nouveau contexte mondial, le paradoxe est que l’Impérialisme n’est plus comme en 1916, un simple prolongement du Capitalisme et de l’État capitaliste. Les dizaines d’États qui s’opposent peu ou prou à la domination mondiale des Êtas Unis d’Amérique et leur cortège Européen ont généralement une économie de type capitaliste, une structure politique fort diverse, et n’ont en commun que leur refus de l’hégémonie impérialiste mondiale, ce qui fait d’eux les cibles déclarées des tenants de l’Empire occidental dirigé par les USA.
Les exemples les plus évidents sont la Russie dirigée par le Président élu (largement) Poutine, indéniablement d’économie capitaliste, mais soudée pour l’instant derrière lui car il a su rétablir l’autorité de l’État au profit des citoyens, contre les prédateurs qui avaient tiré profit du désastre de 1990. Et même esquisser le retour au sein de la nation russe des régions russophones arrachées par l’explosion de l’URSS.
Même constat pour l’Iran, dont l’image médiatique en Franc est réduite à sa caricature de prédateur à l’encontre des opposants et des femmes. Cela en occultant que la millénaire et grande civilisation Iranienne est depuis ses début très attachée à son indépendance nationale, plus qu’à son économie capitaliste et son régime politique autoritaire et théocratique.
Cette opposition à l’Impérialisme est à l’origine des deux abcès guerriers majeurs de 2026, en Ukraine et au Moyen -Orient. En attendant d’autres lieux de conflit ouverts ou feutrés, en d’autres lieux de résistance à l’Impérialisme…
Malgré leurs différences, la volonté d’indépendance farouche de ces deux nations où règne l’économie capitaliste, diffère peu de celle pratiquée par le Vietnam, fier de son Socialisme hérité de l’oncle Ho, qui vient de conclure de vastes accords commerciaux avec ces pays capitalistes que sont le Japon et l’Australie, pour contrer l’asphyxie économique qui le menace du fait de la guerre Étatsunienne contre l’Iran.
Bien sûr, ces explosions guerrières, organisées militairement ou suscités et nourries par les Impérialismes majeurs, USA et Union Européenne, ne sauraient se déployer sans la participation active de petits états capitalistes totalement inféodés au bellicisme Étatsunien : c’est notamment le cas de l’État sioniste d’Israel, annexe militariste et coloniale des USA, qui en profite pour tenter de réaliser ses objectifs de conquête des espaces voisins par l’expulsion et le massacre des habitants, Palestiniens et autres Libanais.
Trump, le visage actuel de l’impérialisme
Depuis des mois maintenant, les médias européens et surtout français, nous inondent à toute heure des palinodies brutales et contradictoires de Donald Trump, le chef du pays impérialiste le plus puissant du globe, financièrement et militairement, qui se présente sans ambages comme le Maître absolu de tous les peuples de la Terre.
Et cela avec la conviction assumée d’une mission divine, au point de se clamer en donneur de leçons à l’encontre du Pape Léon XIV, et d’insulter trivialement tout dirigeant qui ose le contredire.
À chaque apparition de Trumpiste sur l’écran, c’est un florilège de mépris raciste à l’encontre de ceux qui le gênent, comme le jour où ce primate à peine descendu de son arbre à menace de » ramener à l’âge de pierre « un peuple iranien à la culture millénaire ». Il est vrai que ce type de dirigeants qui ignore toute règle internationale ou morale au seul profit de la force brutale est assez rare à ce point dans l’histoire.
Les analystes futurs pourront toujours lui reconnaître de dire ce qu’il pense sans l’atténuer, alors que les conquérants successifs, d’Alexandre à Hitler, ont tous noyé leurs objectifs dans des flots de discours justificatifs verbeux et moralisateurs.
Cela ne doit toutefois pas nous leurrer ; Trumpiste est le visage actuel de l’Impérialisme dominant Étatsunien, mais sa nature était identique et aussi néfaste quand il était incarné par Kennedy, Nixon, Bush ou Obama : les guerres criminelles menées en Corée, au Vietnam, Afghanistan, en Irak, puis suscitées en Ukraine, ne furent pas décidées par Trump. Mais par des présidents US tant Démocrates que Républicains.
Par ailleurs, ce n’est pas Trump, mais ses partenaires subalternes de l’impérialisme que sont les « Européens « , qui s’évertuent depuis quelques mois à empêcher que s’achève la guerre ukrainienne, y compris notre égotiste Président Macron, qui persiste à se poser en leader belliciste en allant provoquer « l’ennemi russe » jusqu’en Arménie, et a organisé les cérémonies du 8 mai à Paris en grand-messe antirusse.
L’Impérialisme change constamment de visages, de modalités, il demeure l’ennemi premier des peuples, de leur liberté et de leur bien-être, notre ennemi essentiel, qu’il soit Tumpien ou Macronien.
Paix en Ukraine et au Moyen-Orient
Pas un homme, pas un sou, pas une arme pour l’Ukraine ou pour Israël !


Messages
1. L’Impérialisme au vingt-et-unième siècle
12 mai, 09:19 - par Domard
dans les Empires coloniaux (britannique, français, allemand, il aurait fallu ajouter la Belgique et le Japon